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Le conflit syrien dominera le sommet arabe à Koweït

24/03/2014 11:00 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Les dirigeants des pays arabes se réunissent mardi à Koweït pour leur sommet annuel, appelé à se focaliser sur l'enlisement du sanglant conflit syrien après qu'ils ont décidé de surseoir à tout débat sur leurs divergences internes.

La récente escalade de tension entre le Qatar d'une part, l'Egypte, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn de l'autre, n'a pas été retenue au menu du sommet, selon des responsables.

Le chef de la coalition de l'opposition nationale syrienne, Ahmad al-Jarba, doit prononcer un discours à l'ouverture du sommet, bien qu'il ne pourra pas occuper le siège de la Syrie car sa coalition n'a pas encore rempli les conditions requises, selon le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi. Ce siège est vacant depuis la suspension de Damas en 2011.

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie Lakhdar Brahimi fera le point pour sa part devant les dirigeants des 22 membres de la Ligue arabe sur les perspectives d'un règlement politique en Syrie après l'échec des négociations de paix à Genève.

Il a affirmé lundi qu'une reprise de ces négociations était "exclue pour le moment".

Une deuxième session de négociations, dite Genève II, s'était terminée le 15 février sur un constat d'échec en raison d'un désaccord entre le gouvernement et l'opposition sur l'ordre du jour des travaux. Aucune date n'a été fixée pour un nouveau round.

En Syrie, où une révolte pacifique s'est transformée en insurrection armée face à la répression menée par le régime de Bachar al-Assad, le conflit entré dans sa quatrième année a fait plus de 146.000 morts et quelque 9 millions de réfugiés et déplacés.

Signe de l'impuissance de leurs pays, plusieurs ministres arabes des Affaires étrangères, réunis dimanche à Koweït, s'en sont remis au Conseil de sécurité de l'ONU, l'appelant à adopter une résolution sous le Chapitre VII, prévoyant le recours à la force, pour imposer un cessez-le-feu en Syrie.

Les divergences inter-arabes semblent avoir influencé le niveau de représentation au sommet de Koweït.

Selon le pays hôte, seuls 13 des 22 membres de la Ligue ont confirmé la présence de leurs chefs d'Etat, avec une présence a minima des pays du Golfe.

Les Emirats, dont le président cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane n'est plus apparu en public depuis qu'il a été opéré fin janvier d'un AVC, se font représenter par le souverain de Foujairah, un petit membre de la fédération.

Le souverain saoudien a délégué son prince héritier, Salmane Ben Abdel Aziz, tout comme Bahreïn qui se fait représenter par l'héritier du trône, Salmane Ben Hamad Al-Khalifa, et Oman par l'émissaire spécial du sultan Qabous.

Seul l'émir du Qatar fait le déplacement à Koweït, au moment où les efforts déployés pour aplanir les différends inter-arabes semblent marquer le pas, en l'absence de compromis envisageables durant le sommet, selon des responsables.

Ainsi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmi, a déclaré aux journalistes qu'un compromis était impossible avec le Qatar car "les blessures sont trop profondes".

Le secrétaire d'Etat koweïtien aux Affaires étrangères, Khaled al-Jarallah, a indiqué que le conflit opposant Doha à Ryad, Abou Dhabi et Manama "sera résolu au sein du CCG", le Conseil de coopération du Golfe, et non durant le sommet arabe.

Dans une initiative sans précédent, l'Arabie saoudite, les Emirats et Bahreïn ont rappelé début mars leurs ambassadeurs de Doha pour protester contre ce qu'ils considèrent comme des ingérences du Qatar dans leurs affaires, et contre son soutien inconditionnel aux Frères musulmans, que Le Caire et Ryad considèrent comme une "organisation terroriste".

Par ailleurs, les dirigeants arabes devront approuver une résolution les engageant à apporter une aide financière mensuelle de 100 millions de dollars à l'Autorité palestinienne et à refuser la reconnaissance d'Israël comme un Etat juif.

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