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Le Caire: le procès d'un journaliste canado-égyptien se poursuit

24/03/2014 03:19 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Le journaliste canado-égyptien détenu au Caire, Mohamed Fahmy, a nié faire partie de l'organisation islamiste considéré par les autorités égyptiennes comme un groupe terroriste, lundi, clamant ne «pas avoir d'autres armes que (sa) caméra et (son) ordinateur».

Le procès a été ajourné jusqu'au 31 mars après la contre-interrogation lundi d'un témoin de la poursuite, qui soutient que le reporter et ses collègues ont produit des vidéos menaçant la sécurité nationale de l'Égypte.

La famille de M. Fahmy, qui qualifie les accusations portées contre lui d'«absurdes», a été déçue par la tournure des événements. La veille, elle avait reçu une lettre du président intérimaire de l'Égypte les assurant que le journaliste aurait droit à un procès rapide et équitable.

M. Fahmy, âgé de 40 ans, est incarcéré depuis son arrestation, le 29 décembre, avec deux autres de ses collègues — l'Australien Peter Greste et l'Égyptien Baher Mohamed —, alors qu'ils travaillaient pour le télédiffuseur qatari Al-Jazira.

Ils sont jugés en même temps que 17 autres individus qui auraient aussi menacé la sécurité nationale et travaillé, selon les autorités, pour Al-Jazira. Au moins douze des accusés sont jugés par contumace.

Les autorités accusent le réseau Al-Jazira de servir de plateforme à l'ancien président Mohammed Morsi, chassé du pouvoir lors d'un coup d'État de l'armée en juillet dernier après des semaines de manifestations monstres, et son parti des Frères musulmans.

La chaîne de nouvelles en continu nie ces accusations et affirme que les reporters ne faisaient que leur travail. M. Fahmy et ses collègues ont plaidé non coupable.

Les images vidéo d'Al-Jazira n'ont pas été diffusées lors de l'audience mais les avocats ont indiqué qu'elles contenaient des entrevues réalisées avec des politiciens ainsi qu'un match de football.

La poursuite soutient qu'elles ont été modifiées pour les exagérer et donner une fausse impression du soulèvement en Égypte.

Huit accusés seulement, dont M. Fahmy et le journaliste australien Peter Greste, étaient présents lors de l'audience, lundi.

M. Fahmy a récemment été transporté à l'hôpital pour l'examen d'une fracture à l'épaule subie avant son arrestation mais qui s'est aggravée depuis sa détention.

Sa famille a immigré au Canada en 1991. Il a vécu à Montréal et Vancouver pendant de nombreuses années avant de se lancer dans le journalisme à l'international, travaillant entre autres pour le «New York Times» et le réseau CNN.

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