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La Russie riposte aux sanctions canadiennes en interdisant des parlementaires

24/03/2014 11:39 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

OTTAWA - La Russie a riposté lundi aux sanctions canadiennes dans le dossier de l'Ukraine en interdisant de séjour 13 parlementaires et représentants canadiens, dont le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, et le leader parlementaire du gouvernement, Peter Van Loan.

Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé vouloir ainsi répliquer à «un geste inacceptable du côté canadien qui a gravement affecté les relations bilatérales», indique-t-on dans un communiqué.

Ottawa avait annoncé plus tôt des sanctions contre des représentants russes, ajoutant que ces gens seraient dorénavant «persona non grata» au Canada, afin de dénoncer l'annexion de la Crimée à la Russie.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a soutenu lundi que tout État s'arrogeant le droit de redessiner les frontières de l'Europe au XXIe siècle fait fausse route.

«Aucune des personnes citées aujourd'hui (dans la liste de Moscou) ne représente une menace à l'intégrité territoriale ou à la souveraineté de la fédération de Russie. Je pense que cela nous démontre que nous avons clairement attiré l'attention des gens au Kremlin», a commenté M. Baird, qui accompagne à La Haye le premier ministre Stephen Harper dans le cadre d'un sommet sur la sécurité nucléaire — et une réunion d'urgence du G7.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a de son côté déclaré que cette riposte de Moscou était prévisible.

«C'est un signe que nous entrons dans une ère de relations nettement plus froides, mais c'était prévisible. Et bien franchement, si c'est le prix à payer pour commencer à envoyer un message à (Vladimir) Poutine, et bien ce sera ça!», a-t-il lancé, à Ottawa.

Les autres élus ciblés par les sanctions russes sont les députés conservateurs Ted Opitz, James Bezan et Dean Allison, les libéraux Irwin Cotler et Chrystia Freeland, ainsi que le néo-démocrate Paul Dewar.

«Mon interdiction de séjour en Russie, je la porte comme un badge d'honneur, et je suis fier d'être en si bonne compagnie», a indiqué M. Cotler dans un communiqué.

«En 1979, j'ai été expulsé d'Union soviétique», a aussi écrit le député sur son compte Twitter. «Ça ne m'a jamais empêché ensuite de lutter pour les droits de la personne, et je ne m'arrêterai pas maintenant non plus.»

Des membres de la garde rapprochée du premier ministre sont aussi du nombre: le greffier du Conseil privé, Wayne Wouters, de même que le sous-secrétaire et la secrétaire adjointe du cabinet du premier ministre, Jean-Francois Tremblay et Christine Hogan.

La sénatrice conservatrice de la Saskatchewan Raynell Andreychuk et le président du Congrès ukrainien-canadien, Paul Grod, complètent la liste russe des «persona non grata».

Le député libéral Ralph Goodale s'est offusqué de l'annonce du Kremlin, la qualifiant de «profondément insultante», surtout à l'endroit de M. Scheer. «Le président (de la Chambre) incarne les droits et privilèges de tous les députés et, en fait, (il incarne) même la dignité de toute la Chambre», a-t-il plaidé.

Le ministère russe des Affaires étrangères a précisé que Moscou était ouvert à un dialogue «constructif» avec le Canada, ajoutant toutefois ne pas avoir besoin d'une «telle coopération, pas plus que le Canada n'en a besoin».

M. Harper est le seul leader du G7 à avoir effectué une visite en Ukraine et rencontré le nouveau gouvernement en place à Kiev depuis les récents bouleversements. Il devait faire un compte rendu de sa visite de samedi à ses homologues lors d'une réunion d'urgence du G7 sur la crise, lundi à La Haye.

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