NOUVELLES

La Chine condamne "l'espionnage par la NSA" du géant chinois des télécoms Huawei

24/03/2014 06:18 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement chinois a demandé lundi aux autorités américaines de s'expliquer, après des informations de presse faisant état d'intrusions par l'agence américaine de sécurité NSA dans les réseaux du géant chinois des télécoms Huawei.

Selon le New York Times (NYT) et le Spiegel, la NSA aurait accédé durant des années aux archives des courriels de Huawei, à des documents internes de communication entre des dirigeants de la société, ainsi qu'aux codes secrets de produits de l'entreprise.

Les articles des deux médias étaient basés sur des documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

"Nous sommes sérieusement inquiets (...) La Chine a déjà émis des protestations à de multiples reprises (sur les pratiques de la NSA). Nous appelons les Américains à s'expliquer clairement et à cesser ce genre de pratique", a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'un point-presse régulier.

De son côté, Huawei a fait part de son indignation. "Si les faits évoqués sont avérés, Huawei condamne fermement de telles pratiques (qui consistent) à s'introduire et à infiltrer nos réseaux internes et à surveiller nos communications", a réagi Roland Sladek, vice-président du groupe en charge de l'international.

Le groupe chinois "désapprouve toutes les actions qui menacent la sécurité des réseaux (de communication) et est prêt à coopérer", notamment avec les gouvernements "de tous pays", pour "relever les défis mondiaux de la sécurité", a ajouté M. Sladek, cité dans un communiqué.

A l'origine, l'opération "Shotgiant" de la NSA visait à rechercher des indices pointant des relations entre Huawei et l'armée chinoise, selon un document de 2010 consulté par le NYT.

Huawei, fondé par un ancien ingénieur de l'armée chinoise, s'est vu interdire l'accès à des projets d'infrastructures aux Etats-Unis et en Australie pour des raisons de sécurité, sur fond de craintes que ses équipements soient utilisés à des fins d'espionnage ou des attaques informatiques... au profit de Pékin.

Mais très vite, la NSA s'est intéressée aux équipements de Huawei vendus à des pays tiers partout dans le monde, en vue de s'assurer ainsi "un accès à des réseaux de communications jugés intéressants", a affirmé le New York Times.

De son côté, la NSA a maintenu que sa collecte d'informations concernait uniquement "des cibles étrangères en fonction des exigences du renseignement".

"Nous n'utilisons pas nos capacités de renseignement pour voler des secrets commerciaux d'entreprises étrangères pour le compte de groupes américains", s'est défendue l'agence américaine, critiquant la révélation "continue et sélective" de détails sur ses méthodes.

Huawei, qui est par ailleurs le troisième fabricant mondial de smartphones, avait démenti mi-janvier des informations de presse selon lesquelles la sécurité de ses équipements télécoms pouvait être déjouée par la NSA.

Alors que l'internet chinois fait l'objet d'une surveillance étroite et d'une censure implacable par Pékin, la Chine est également accusée par Washington de se livrer à de multiples attaques informatiques aux Etats-Unis.

Lors du point-presse lundi, Hong Lei a assuré que la Chine était "opposée à toutes formes de piratage (informatique)": "Nous croyons que les systèmes de télécommunication ne doivent pas servir à des fins de surveillance ou d'espionnage", a-t-il assuré.

fms-jug/ple/fw

PLUS:hp