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Jour 20: L'ombre de Jean Charest plane sur la campagne libérale

24/03/2014 12:16 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - L'ombre de l'ex-premier ministre libéral Jean Charest a plané sur la campagne électorale, lundi, alors que caquistes et péquistes ont tout tenté pour placer les questions d'intégrité au devant de la scène.

La chef péquiste Pauline Marois et le chef caquiste François Legault ont semblé s'être concertés pour associer le chef libéral Philippe Couillard à son prédécesseur, en lui demandant des comptes sur la gestion passée des libéraux, particulièrement en ce qui a trait à leur manque d'empressement à faire le grand ménage dans l'industrie de la construction.

Coïncidence, le tir groupé des leaders politiques est survenu le jour même où Jean Charest effectuait une de ses rares sorties publiques dans un grand hôtel de Montréal où il prononçait un discours. Interpellé par les journalistes, il s'est cependant refusé à tout commentaire.

À Sherbrooke, l'ancien fief de M. Charest passé dans le camp péquiste en 2012, M. Couillard a pris lui aussi ses distances de son prédécesseur, mais du bout des lèvres, en convenant qu'il aurait dû déclencher plus tôt une commission d'enquête publique sur la collusion et la corruption dans cette industrie. Soufflant le chaud et le froid, il a ajouté que ce délai, loin d'être néfaste, pourrait même entraîner un impact positif.

«Je pense que ça aurait été bénéfique de la faire plus tôt, a-t-il dit. Ceci dit, elle est en place et son effet bénéfique va être le même. Ce n'est pas le délai de mise en place qui va faire qu'elle soit moins utile, au contraire, elle risque même d'être plus utile.»

À Trois-Rivières, François Legault, quant à lui, n'a pas mâché ses mots pour décréter que, sur le plan de l'intégrité, les années de gouverne Charest, de 2003 à 2012, avaient été des années de «merde».

Philippe Couillard doit rendre des comptes, a dit M. Legault, en rappelant que l'équipe Couillard comptait pas moins de 18 anciens ministres de Jean Charest qui ont voté à 11 reprises contre la tenue d'une commission d'enquête sur la collusion et la corruption dans l'industrie de la construction.

Corruption généralisée, économie fragile, contribuables surtaxés: ces maux qui affligent le Québec, selon le chef caquiste, ont pour responsables «les libéraux» au pouvoir pendant neuf ans, qui nous ont légué «la merde qu'on a actuellement».

Plus tard, à Bécancour, pour ces raisons, il a demandé aux électeurs de se donner un «coup de pied au derrière» et d'y penser à deux fois avant d'élire un gouvernement libéral.

Lundi, M. Legault faisait campagne pour annoncer un des volets de son Projet Saint-Laurent, visant la mise en valeur des ports par la création de pôles intermodaux dans la vallée du Saint-Laurent.

À Drummondville, la chef péquiste Pauline Marois en a rajouté sur le thème du jour de l'intégrité, pour conclure que rien n'avait changé au Parti libéral du Québec, malgré le changement de chef l'an dernier.

Elle a tenu à rappeler que, contrairement aux libéraux, son parti s'était battu longtemps «bec et ongles» pour la création d'une telle commission, qui sera finalement mise sur pied en novembre 2011 et présidée par la juge France Charbonneau.

Les errements éthiques de l'ére libérale sont nombreux, selon elle. «Ce n'est pas moi qui ai inventé le fait que chaque ministre devait amasser 100 000 $ pour financer le Parti libéral, c'est un quota qu'avait chaque ministre. (L'ex-ministre de la Famille) M. Tomassi a donné des permis de garderie à des gens qui ont ensuite financé le Parti libéral du Québec, encore une fois on n'a rien inventé. M. Charest a caché pendant 10 ans qu'il recevait un salaire de son parti», a-t-elle énuméré.

Les libéraux n'ont donc pas la crédibilité requise pour donner suite aux recommandations futures de la Commission Charbonneau, a soutenu Mme Marois.

Elle a dit aussi que si elle était réélue, elle verrait à mettre en place de nouvelles mesures afin de lutter contre la corruption et renforcer l'intégrité du gouvernement. Elle s'est engagée notamment à mettre en place une loi sur la divulgation d'actes répréhensibles qui protégerait les dénonciateurs.

Par ailleurs, Pauline Marois s'est montrée rassurée par la mise au point faite par le Directeur général des élections (DGE) et elle ne craint plus de voir des étudiants ontariens voter au Québec sans y avoir droit.

Mais l'inquiétude exprimée dimanche était justifiée et la vigilance reste de mise, a affirmé la chef péquiste.

La veille, le DGE, Jacques Drouin, avait écarté l'hypothèse d'une prétendue fraude électorale organisée dans certaines circonscriptions de Montréal et de l'Estrie.

A Longueuil, Québec solidaire s'est engagé de son côté à ne pas lésiner sur les moyens pour donner la priorité à l'éducation, le jour où le parti prendra le pouvoir: 15 000 nouveaux postes d'enseignants, embauche de 1000 professionnels, 500 millions $ d'investissements en cinq ans pour rénover les écoles publiques, 15 millions $ par année pour soutenir la lutte à l'intimidation et à l'homophobie à l'école. En prime, les jeunes auront droit à des cours d'éducation sexuelle.

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