NOUVELLES

Harper et ses collègues du G8 excluent la Russie de leurs rencontres

24/03/2014 10:59 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

LA HAYE, Pays-Bas - Le premier ministre Stephen Harper et ses collègues du G7 ont décidé lundi de suspendre leur participation au Groupe des huit jusqu'à ce que la Russie «change de cap».

Dans une déclaration conjointe à l'issue d'une réunion d'urgence du G7 — sans la Russie, donc —, les pays membres indiquent qu'ils se rencontreront dorénavant sans Moscou. Ce geste est destiné à isoler la Russie à la suite de l'annexion de la Crimée, autrefois une région autonome de l'Ukraine.

La décision n'a pas semblé inquiéter la Russie outre mesure.

«Si nos partenaires occidentaux croient que si ce type de rencontre a été épuisée, on ne s'y accrochera pas. Ce ne sera pas un grave problème si le G8 ne se réunit pas», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.

Les leaders du G7 — Canada, États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie et Japon — se disent aussi prêts à intensifier les pressions sur la Russie si elle poursuit son escalade. Cela pourrait inclure de cibler le lucratif secteur énergétique de la Russie, a laissé entendre M. Harper.

La réunion d'urgence du G7 avait été organisée en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire, à La Haye. M. Harper devait y faire un compte rendu à ses homologues de sa visite de samedi en Ukraine — la seule d'un chef de gouvernement à Kiev depuis les récents événements qui ont secoué le pays.

Il devait aussi proposer que la Russie soit expulsée du G8, une position qui avait l'oreille des États-Unis. Mais les pays européens ont beaucoup plus de liens économiques avec la Russie, et plusieurs sont encore fragiles suite à la crise financière de 2008.

Lors d'une période de questions en compagnie du représentant d'un important groupe de dirigeants d'entreprises des Pays-Bas, plus tôt lundi, le premier ministre a pris la mesure des différences de perspective entre les deux régions du monde.

«Bien sûr, nous sommes préoccupés par ce qui se passe à l'Est — les Pays-Bas sont tellement dépendants des exportations vers l'Est», a expliqué Bernard Wientjes.

M. Harper l'a immédiatement interrompu: «Personne n'aime voir de perturbations dans les investissements, les marchés, le commerce, mais le fait est que (...) quand vous êtes en face de l'occupation militaire d'un pays par un autre pays, ce n'est pas le genre de choses que l'on veut subordonner aux intérêts économiques», a-t-il soutenu.

M. Wientjes a dû se rallier à cette position plus radicale.

M. Harper a pressé la communauté internationale à ne pas se laisser berner par la position pouvant être jugée ambivalente du président russe Vladimir Poutine à l'égard des actions du G7.

«La réaction cavalière de (Vladimir) Poutine est de se pavaner partout et de repousser toute critique; c'est tout simplement sa manière de gérer ces affaires», a dit le premier ministre du Canada.

«Nous ne croyons pas que l'isolement diplomatique croissant de la Russie soit futile. Un régime ne dépense pas 50 milliards $ sur des Jeux olympiques s'il fait peu de cas de sa réputation internationale. Il s'agit d'une action significative», a-t-il ajouté.

Dans la déclaration de La Haye, les pays membres indiquent qu'ils ne participeront pas au sommet de Sotchi prévu, et qu'ils se réuniront de nouveau en tant que G7, au même moment prévu, en juin prochain, à Bruxelles.

PLUS:pc