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France: le "violeur des campings" jugé à partir de mercredi dans le sud-est

24/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Un homme de 33 ans comparaît à partir de mercredi devant la justice française pour une série de viols et d'agressions sexuelles sur des mineures de 6 à 17 ans, dont une Allemande, une Belge et une Néerlandaise, à l'été 2012 dans des campings du sud-est du pays.

Sébastien Dutheil, déjà condamné en 2000 pour agression sexuelle, est accusé de deux viols, neuf agressions et tentatives d'agressions sexuelles, et d'une "atteinte à la vie privée" pour avoir filmé une proche à son insu. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle.

L'enquête a débuté en août 2012 après plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles commis selon le même mode opératoire, sur des fillettes surprises de nuit dans leurs tentes de camping installées dans les Gorges de l'Ardèche (sud-est), très fréquentées par les touristes français et européens.

Parmi les dix victimes figurent une fillette allemande, une adolescente belge et une jeune Néerlandaise.

L'agresseur, visage dissimulé, leur caressait le sexe ou leur imposait une pénétration digitale pendant leur sommeil. Il prenait la fuite dès que ses victimes ou leurs proches se mettaient à crier.

Dans un seul cas, il avait sorti une enfant de 8 ans de sa tente "après lui avoir apposé la main sur la bouche" pour la déshabiller et la caresser. Au juge d'instruction, il expliquait avoir agi ainsi à cause de "l'obscurité", sans mesurer la peur de sa victime.

- "10 à 20 agressions" -

Le 10 août 2012, l'ADN relevé sur la culotte d'une fillette de 11 ans permettait d'interpeller Sébastien Dutheil, fiché depuis sa condamnation à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve pour agression sexuelle, douze ans plus tôt.

"Il s'est présenté, sans volonté de se soustraire, et s'est montré hyper coopérant", a rappelé à l'AFP son avocate, Me Carole Muzi.

Au cours de l'instruction, Sébastien Dutheil avait reconnu les faits qui lui étaient reprochés et avait spontanément avoué plusieurs autres agressions, remontant pour les premières aux étés 2010 et 2011.

Il n'avait "pu chiffrer précisément" leur nombre, parlant de "10 à 20 agressions" toutes commises dans des campings. Il n'avait pu fournir d'explications, convenant seulement que leur souvenir "lui procurait du plaisir".

Le jeune homme, qui a eu plusieurs compagnes et a été marié, s'était défendu de toute orientation pédophile, affirmant avoir recherché "des adolescentes" et s'être mépris sur l'âge de ses plus jeunes victimes.

Devant les jurés de la Cour d'assises de l'Ardèche, à Privas (sud-est), les débats devraient se focaliser sur la personnalité de ce carreleur sans histoire qui a connu une scolarité difficile, marquée par un passage en pensionnat où il dit avoir été abusé par un camarade.

"Depuis qu'il a été incarcéré, il y a une vraie prise en charge thérapeutique. Il a beaucoup progressé dans la prise de conscience par rapport aux victimes. Dans son esprit, il ne voulait pas leur faire de mal", souligne son avocate.

Le verdict est attendu vendredi.

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