NOUVELLES

Espagne: hommage à Adolfo Suarez au Congrès des députés

24/03/2014 05:38 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Le cercueil d'Adolfo Suarez, premier chef de gouvernement de la démocratie espagnole décédé dimanche, est arrivé lundi à la Chambre des députés à Madrid pour être installé dans une chapelle ardente, accueilli par l'actuel chef de gouvernement Mariano Rajoy et ses trois prédécesseurs.

Le roi Juan Carlos, qui a mené la transition démocratique de l'Espagne, Adolfo Suarez à ses côtés, après la mort de Francisco Franco en 1975, était attendu dans la matinée, avant que la chapelle ardente ne soit ouverte au public.

Des centaines de personnes s'étaient massées depuis tôt le matin aux abords du Congrès, recueillies avant d'applaudir à l'arrivée du corbillard, transportant le cercueil enveloppé dans le drapeau espagnol or et rouge.

Aux portes du Congrès, la dépouille d'Adolfo Suarez, accompagnée par la famille, a été accueillie par Mariano Rajoy et, côte à côte, les trois anciens chefs de gouvernement de la démocratie encore en vie, les socialistes Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero, et le conservateur José Maria Aznar.

"C'est le meilleur chef de gouvernement qu'ait connue l'Espagne": la phrase était sur toutes les lèvres de ceux qui attendaient de pouvoir entrer dans la salle des pas perdus, où le cercueil a été porté, au pas lent, par huit militaires.

"Jamais plus nous n'aurons un chef de gouvernement comme lui. Ils l'ont détruit parce qu'il n'était ni de droite, ni de gauche. Il était très honnête", affirmait Maria Dolores Carmona Gonzales, une retraitée de 68 ans.

Désigné chef du gouvernement en juillet 1976 par le roi Juan Carlos, Adolfo Suarez a mené les grandes réformes qui ont permis à l'Espagne de passer de la dictature à la démocratie: légalisation de tous les partis, y compris celle, controversée, du Parti communiste, en avril 1977, amnistie des prisonniers politiques et rédaction, puis approbation par référendum, le 6 décembre 1978, de la Constitution.

A partir de 1979 cependant, sa popularité s'est effritée, plombée par la crise économique, l'agitation des militaires, les questions sur l'autonomie des régions espagnoles et l'action violente du groupe indépendantiste basque ETA. Il démissionnera en janvier 1981.

Atteint depuis une dizaine d'années de la maladie d'Alzheimer, Adolfo Suarez est mort dimanche à 81 ans.

ib-sg/ka/ros

PLUS:hp