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Egypte: Washington "profondément inquiet" de la condamnation à mort de 529 pro-Morsi

24/03/2014 12:26 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis sont "profondément inquiets" de la condamnation à mort prononcée par la justice en Egypte de 529 partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi, a indiqué lundi à l'AFP un responsable du département d'Etat.

"Il ne semble simplement pas possible qu'un examen juste des preuves et des témoignages, conformément aux normes internationales, ait pu être effectué pour 529 accusés en deux jours de procès", a dénoncé dans un courrier électronique ce responsable de la diplomatie américaine.

"Nous continuons d'appeler le gouvernement égyptien à assurer à tous ceux qui sont en détention en Egypte des procédures justes et respectueuses des libertés", a insisté le diplomate américain.

Les Etats-Unis épinglent régulièrement les autorités intérimaires au Caire installées par l'armée après le renversement et l'arrestation en juillet 2013 de M. Morsi, premier président égyptien élu démocratiquement un an plus tôt.

"Nous avons dit de nombreuses fois que ce qui semble être des arrestations, des mises en détention et des condamnations aux motifs politiques fera reculer la transition en Egypte", a ajouté le responsable du département d'Etat.

Plus de 500 partisans du président déchu Morsi ont été condamnés à mort lundi pour des violences commises durant l'été, à l'issue d'un procès expéditif sur fond de répression sanglante des islamistes en Egypte. Sur les 529 condamnés à la peine capitale dès la seconde audience de ce procès en première instance ouvert samedi à al-Minya, au sud du Caire, seuls 153 sont en détention, les autres étant en fuite.

Pour répondre à cette répression depuis l'été 2013 contre les pro-Morsi, Washington avait partiellement suspendu son assistance de 1,5 milliard de dollars par an au Caire, dont une bonne partie est de l'aide militaire.

Depuis, Washington, allié de l'Egypte depuis 35 ans, tance régulièrement le nouveau régime intérimaire pour la lenteur de la transition démocratique et pour son mauvais bilan en termes de droits de l'homme et libertés publiques.

Mais l'administration américaine n'a jamais qualifié de coup d'Etat la destitution du président Morsi et le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait lui-même jugé que l'armée égyptienne l'avait renversé pour "sauver la démocratie".

Il a même récemment évoqué une décision prochaine pour une reprise de l'aide américaine à l'Egypte.

nr/jca

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