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Avion disparu en Asie: l'action humaine en cause, selon un expert

24/03/2014 10:08 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

La disparition du vol de Malaysia Airlines, qui s'est écrasé dans l'océan Indien, serait sûrement le résultat d'une action humaine, selon l'expert en aviation Jean Lapointe.

Lui et ses collègues du milieu croient que, tant les deux pilotes que les passagers, pourraient avoir choisi de détourner l'appareil.

« On [les experts] n'arrive pas à croire que l'avion aurait pu avoir une défaillance mécanique aussi extraordinaire. On priorise la thèse d'un attentat humain, de gestes délibérément posés », a-t-il expliqué à l'émission 24/60.

« Un Triple 7 ne déroute pas sans intervention humaine », a-t-il insisté.

Selon lui, le fait que les deux pilotes n'aient pas demandé de travailler ensemble « démontre qu'il n'y avait pas connivence » entre eux.

Il serait plus crédible, croit-il, que ce soit un des deux pilotes ou des passagers qui soient fautifs.

D'importantes recherches en vue

Selon lui, il est important de retrouver l'avion pour savoir ce qui s'est vraiment passé. Les autorités devraient tout mettre en place pour les récupérer le plus tôt possible. Il croit que les enquêteurs malaisiens auront l'appui d'autres pays.

Les profondeurs de l'océan Indien ressemblent à celles où les enquêteurs avaient retrouvé le vol d'Air France, qui était disparu en juin 2009 dans l'océan Atlantique.

Toutefois, un océanographe a émis des doutes quant à cette comparaison en entrevue avec l'Agence France-Presse. « Il a fallu deux ans pour retrouver l'AF447. Or nous faisons face ici à un environnement beaucoup, beaucoup plus hostile. La mer est plus grosse et le vent plus fort », a-t-il souligné.

Les fameuses boîtes noires

M. Lapointe est inquiet pour les boîtes noires, que les autorités n'ont toujours pas retrouvées. Celles-ci enregistrent, entre autres, les conversations entre les pilotes ou «  tout bruit adjacent à la cabine de pilotage  », a relaté l'expert. 


La boîte noire enregistre les deux dernières heures du vol et les conversations qui ont eu lieu avant sont automatiquement effacées.

Or, comme l'avion semble avoir volé plus de deux heures après son détournement, il pourrait être impossible de connaître le déroulement des événements. 

« Il faut espérer que la ou les personnes, avant que l'avion s'écrase, aient fait un testament verbal, qu'ils aient dit: " c'est moi qui suis aux contrôles, voici pourquoi j'ai posé les gestes " », a-t-il raconté.

Des nouvelles mesures nécessaires

Selon M. Lapointe, les compagnies d'aviation n'auront pas le choix d'adopter de nouveaux règlements pour éviter qu'un tel drame se reproduise. « La crédibilité de l'industrie du transport, c'est la sécurité », a-t-il affirmé.

Des changements plutôt simples pourraient être appliqués, selon M. Lapointe. Par exemple, il prédit que, d'ici à deux ans, les pilotes n'auront plus la possibilité de faire disparaître l'avion en éteignant le transpondeur [l'appareil qui retransmet les signaux].

Les boîtes noires pourraient aussi envoyer aux transporteurs aériens les informations sur l'avion à la seconde près.

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