POLITIQUE

Accès à l'information : la FPJQ veut une loi qui a des dents

24/03/2014 12:15 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Au moment où la campagne électorale s'engage sur la question de l'intégrité, la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) appelle les aspirants premiers ministres à donner plus de mordant à la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels. Une loi, disent-ils, qui sert davantage les intérêts des élus que ceux de la population.

Un texte de Marie-Ève Maheu Twitter Courriel

« Au Québec, l'accès à l'information est en péril », juge le président de la FPJQ, Pierre Craig, dans une vidéo publiée sur YouTube, lundi. « Avez-vous le courage politique de gouverner des citoyens bien informés? »

Une lettre ouverte a également été publiée dans les grands quotidiens québécois. Le constat qui y est dressé est peu reluisant. Cette loi censée protéger l'intérêt public contient une cinquantaine d'exceptions, souligne-t-on, qui permet de refuser les demandes des journalistes.

« Sinon, comment expliquer que le ministère des Transports ait refusé de fournir à un journaliste la liste des membres des comités qui sélectionnent les firmes d'ingénieurs, alors que la même liste était remise aux firmes d'ingénieurs qui la demandaient? » cite en exemple la FPJQ.

D'ailleurs, les informations révélées par les journalistes qui ont mené à la commission Charbonneau n'ont pas été obtenues par la loi d'accès, rappelle Pierre Craig.

Pauline Marois, qui n'a pas répondu aux questions lors de la première journée de la campagne, est également montrée du doigt. Mais le gouvernement libéral de Jean Charest, qui a centralisé l'information à l'extrême, n'a pas fait mieux, précise le président de la FPJQ. « Dans les ministères et les organismes publics, le mot d'ordre est devenu de protéger l'image du ministère et du ministre », dit-il.

Les élus municipaux ne sont pas épargnés. « Dans les municipalités, on ne compte plus les maires qui agissent en secret comme s'ils étaient les PDG d'une entreprise privée », dénonce-t-il.

Réaction libérale

Le chef du Parti libéral s'est dit prêt à discuter de certains éléments de la loi d'accès à l'information, lorsqu'il présentera sa politique pour un gouvernement ouvert.

Mais déjà, il écarte la possibilité de revoir la disposition qui permet aux ministères de rejeter toutes les demandes d'accès à des documents qui doivent servir à prendre une décision.

Pierre Craig comprend que certains documents échappent aux journalistes, mais plaide pour qu'on tienne compte de l'intérêt public lors de chaque décision.

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