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7 millions de morts en 2012 liés à la pollution de l'air (OMS)

24/03/2014 06:57 EDT | Actualisé 24/05/2014 05:12 EDT

Quelque 7 millions de personnes sont décédées en 2012 en raison de la pollution de l'air, selon une étude publiée mardi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Globalement, plus de 7 millions de morts sont attribuables aux effets des pollutions de l'air extérieure et intérieure, et les régions de l'Asie et du Pacifique sont les plus touchées", avec 5,9 millions de décès, indique l'OMS dans son étude.

Concrètement, 1 décès sur 8 dans le monde est lié à une maladie provoquée par la pollution de l'air, et "réduire la pollution de l'air pourrait sauver des millions de vies dans le monde", selon l'organisation internationale, qui est une agence de l'ONU.

Ces chiffres sont en forte progression par rapport à la précédente étude qui datait de 2008, en raison d'un changement de méthodologie, et d'un périmètre plus large des maladies concernées. Ils sont cependant "choquants et plutôt inquiétants", selon les mots du Dr Maria Neira, directrice du département de la santé publique à l'OMS.

--riches et pauvres touchés--

"La pollution de l'air est désormais le facteur environnemental le plus important affectant la santé, tout le monde est touché, que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres", a-t-elle ajouté.

En 2012, 3,7 millions de personnes sont décédées en raison d'effets liés à la pollution extérieure et 4,3 millions en raison de la pollution de l'air domestique, soit concrètement les fumées et émanations liées aux appareils de cuisson, chauffés au bois ou au charbon, ou les instruments de chauffage.

En 2008, lors de la précédente étude, l'OMS avait dénombré 3,2 millions de morts au total dus à la pollution de l'air en zone urbaine, dont 1,3 million dus à la pollution extérieure, et 1,9 million dus à la pollution domestique. L'étude de 2012 porte sur les zones urbaines et rurales.

-- les modes de cuisson en cause --

Les maladies les plus fréquentes développées par la pollution de l'air sont les maladies pulmonaires, les maladies cardiovasculaires et les cancers.

L'étude de 2012 montre aussi qu'il y a un lien plus fort que supposé entre la pollution de l'air et les maladies cardiovasculaires, de même qu'entre cancer du poumon et pollution de l'air.

En 2012, les régions les plus touchées sont l'Asie et le Pacifique, avec respectivement 3,3 millions de morts dus à la pollution de l'air domestique et 2,6 millions de morts dus à la pollution de l'air extérieure.

"Un air plus propre permet de prévenir des maladies non transmissibles et de réduire les risques chez les femmes et les groupes vulnérables, y compris les enfants et les personnes âgées"", a déclaré le Dr Flavia Bustreo, Sous-Directeur général de l'OMS chargé de la santé de la famille, de la femme et de l'enfant. "Les femmes et les enfants pauvres paient un lourd tribut à la pollution de l'air intérieur, car ils passent plus de temps à la maison à respirer les fumées et la suie que dégagent les fourneaux à bois ou à charbon mal ventilés", a-t-elle ajouté.

Quelque 2,9 milliards de personnes dans le monde vivent dans des foyers où l'on utilise le bois, le charbon ou la biomasse comme principaux combustibles pour la cuisson.

40% des décès de la pollution extérieure sont dus à des cardiopathies ischémiques, et 40% à AVC (accident vasculaire cérébral). Les autres causes de ces décès sont des maladies pulmonaires (11%), le cancer du poumon (6%) et les maladies respiratoires touchant les enfants (3%).

En ce qui concerne la pollution de l'air domestique, 34% des décès sont dus à des attaques cérébrales, 26% à des maladies cardiaques, 22% à des maladies pulmonaires, 12% à des infections respiratoires touchant les enfants et 6% par des cancers du poumon.

L'OMS a basé son étude sur de nouvelles méthodes, à partir de données satellitaires sur l'émission des pollutions.

"Les risques liés à la pollution de l'air sont à présent bien plus élevés que ce que nous pensions, en particulier pour les maladies cardiaques et les attaques cérébrales", selon le Dr Neira, qui a annoncé la publication avant la fin de l'année d'un tableau de 1.600 villes dans le monde, classées selon leur niveau de pollution atmosphérique.

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