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Municipales en France: poussée de l'extrême droite, la gauche sanctionnée

23/03/2014 06:41 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Le Front National (FN, extrême droite) a réalisé une poussée spectaculaire dimanche au premier tour d'élections municipales en France, marqué par une sanction de la gauche au pouvoir qui a permis à la droite de progresser.

Le FN de Marine Le Pen a, semble-t-il, surfé sur une abstention record de quelque 38% et les effets délétères des affaires qui ont secoué la classe politique ces dernières semaines: surfacturations au sein du parti de droite UMP, enregistrements clandestins d'un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, écoutes judiciaires de l'ancien président...

La gauche a subi de plein fouet un exécutif au plus bas dans les sondages, François Hollande restant, après deux ans de mandat, le président de plus impopulaire de la Ve République.

Le FN est arrivé en tête dans plusieurs villes du sud - Perpignan, Avignon, Béziers ou Fréjus - et du nord-est - Forbach -. A Hénin-Beaumont, ville symbole du nord historiquement à gauche, le secrétaire général du FN, Steeve Briois, 41 ans, a même été élu dès le premier tour. C'est la première fois de son histoire que le parti d'extrême droite gagne dès le premier tour une ville de plus de 10.000 habitants.

"C'était inespéré", a salué Mme Le Pen, qualifiant ce scrutin de "cru exceptionnel" marquant "la fin de la bipolarisation de la vie politique" française.

Selon des résultats "consolidés" provisoires, annoncés peu après minuit par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, la droite a recueilli 46,54% des suffrages exprimés, la gauche 37,74%, l'extrême droite 4,65% et l'extrême gauche 0,58%, à l'issue du premier tour.

"La +gifle+ attendue est bien arrivée pour la gauche", a commenté le directeur de BVA, Gaël Sliman.

Quelque 45 millions de Français et électeurs de l'Union européenne étaient appelés à voter lors de ce scrutin aux enjeux avant tout locaux mais qui constituait le premier grand test pour François Hollande depuis son élection à la présidentielle en mai 2012.

Rarement une élection intermédiaire s'était déroulée dans un contexte aussi hostile au pouvoir en place. M. Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault n'étant crédités que de 20 à 25% de confiance dans les sondages d'opinion. Le chef de l'État pourrait procéder à un prochain remaniement afin de tenter de relancer la dynamique de son mandat.

"Certains électeurs ont exprimé, par leur abstention ou leur vote, leurs inquiétudes, voire leurs doutes", a reconnu Jean-Marc Ayrault.

A l'instar de tous les dirigeants socialistes, le Premier ministre a appelé "les forces démocratiques et républicaines" à faire barrage au FN au second tour. "L'heure est grave", a dramatisé la porte-parole du gouvernement Najat-Vallaud Belkacem.

- L'UMP reste fidèle au "ni-ni" -

Cet appel a aussitôt été rejeté par le principal parti de l'opposition de droite, l'UMP, qui a confirmé sa ligne "ni Front républicain ni Front national". Il n'y aura "aucun désistement" en faveur de la gauche, ni "alliance" avec le FN, a assuré l'ancien Premier ministre UMP François Fillon.

De son côté, le président du parti Jean-François Copé a appelé les électeurs du FN à reporter leurs voix sur les candidats de son parti au second tour, assurant que "les conditions d'une grande victoire" de la droite sont réunies.

Le FN a d'ores et déjà annoncé qu'il maintiendrait ses candidats au second tour partout où il en a "la possibilité".

Engluée depuis plusieurs semaines dans des scandales à répétition, visant notamment l'ancien président Nicolas Sarkozy, l'UMP avait de quoi se réjouir dimanche soir de ses résultats, avec la réélection au premier tour de plusieurs de ses ténors, dont M. Copé.

A Paris, contre toute attente, l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) est arrivée légèrement en tête, devant la socialiste Anne Hidalgo, actuelle première adjointe du maire sortant Bertrand Delanoë. Le "peuple de Paris", "libre et rebelle", a "fait mentir tous les pronostics", s'est réjouie "NKM".

A Marseille (sud), deuxième ville de France que la gauche rêvait de reconquérir, le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin, serait largement en tête et le candidat socialiste serait relégué en 3e place derrière le Front national.

Pour le deuxième tour du 30 mars, la gauche a appelé à la mobilisation de ses électeurs.

"Rien n'est joué", a ainsi assuré le Premier secrétaire du PS Harlem Désir, appelant "à la mobilisation la plus forte" et au "rassemblement" de la gauche.

Le scrutin municipal vise à désigner pour six ans des conseillers municipaux dans quelque 36.700 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.

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