POLITIQUE

Lutte la corruption: Couillard est prudent sur le bilan de Charest

23/03/2014 11:22 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT
PC

Derrière les portes closes du caucus libéral, des députés dissidents ont exprimé le souhait qu'une commission d'enquête sur la construction soit mandatée le plus rapidement possible, malgré les résistances publiques de l'ancien premier ministre Jean Charest, a déclaré l'un d'eux, dimanche.

Un ancien député libéral de M. Charest, Michel Matte, a affirmé que des élus libéraux avaient tenté de faire changer la position du gouvernement, qui a refusé pendant deux ans et demi les demandes à ce sujet.

Candidat dans la circonscription de Portneuf, M. Matte a raconté aux journalistes qu'un groupe, dont le nombre aurait augmenté avec le temps, avait exprimé la nécessité de mandater une commission d'enquête, lors des réunions des députés libéraux.

«Quand je suis au caucus, je suis omniprésent et je fais valoir mes idées, a-t-il dit. Je le sais qu'au caucus, c'est l'endroit où on exprime nos idées. Oui, j'ai demandé qu'on puisse le faire plus rapidement possible. Oui, on était là pour le demander, personnellement oui, je demandais qu'elle soit faite le plus rapidement possible.»

M. Matte, qui se représente à nouveau dans Portneuf après avoir été défait par la Coalition avenir Québec en 2012, n'a pas voulu préciser combien de députés partageaient son avis, dans les réunions du caucus.

«On était un groupe, a-t-il dit. (...) Ç'a évolué dans le temps.»

M. Matte, député de Portneuf entre 2008 et 2012, n'a pas voulu préciser ce qui bloquait ces revendications formulées au sein du caucus.

«Quand on discute d'un projet de loi, il y a toujours deux côtés, on nous dit ça, ça, et on chemine», a-t-il dit.

M. Matte a fait cette déclaration alors que le chef libéral Philippe Couillard faisait un arrêt dans une cabane à sucre de sa circonscription, avec sa caravane électorale.

À l'Assemblée nationale, les libéraux ont voté 11 fois contre des motions réclamant qu'une commission d'enquête soit mandatée, jusqu'à ce que M. Charest annonce, en novembre 2011, la nomination de la juge France Charbonneau avec pour mandat d'examiner les allégations de malversation dans le secteur de la construction.

«On aurait pu la faire plus tôt, a dit M. Matte dimanche. Mais elle est là, maintenant, et je suis heureux qu'elle soit là parce qu'elle va faire du ménage et on va se tourner vers le futur.»

Plus tôt, à Québec, lors d'une conférence de presse où il a présenté des engagements pour la capitale, M. Couillard avait répété que les libéraux auraient dû se prononcent plus rapidement en faveur d'une commission d'enquête sur la construction, sous le règne de son prédécesseur.

«En ce qui me concerne, la Commission Charbonneau aurait pu débuter plus tôt», a-t-il dit.

S'adressant aux journalistes au même endroit où M. Charest s'était attribué la note de huit sur dix pour la lutte à la corruption, M. Couillard s'est montré plus réservé.

«Je ne note jamais ni les gens en politique, ni les médias», a-t-il répondu.

M. Couillard, qui a été ministre de la Santé de 2003 à 2008 dans le gouvernement Charest, a déclaré qu'il porte l'héritage du Parti libéral du Québec.

«Je suis à l'aise avec tout l'héritage du Parti libéral du Québec», a-t-il dit.

Mettant de l'avant le bilan économique des libéraux en emploi, dans le maintien des services et de l'investissement public, M. Couillard a pris soin d'insister sur son arrivée récente à la tête du parti.

«Il y a de nombreux, nombreux gains qui ont été faits au cours des dernières années comme sous tous mes prédécesseurs qui ont dirigé le PLQ et moi c'est l'héritage du PLQ que je porte, a-t-il dit. (...) Je suis chef du PLQ depuis le 17 mars 2013, c'est aujourd'hui le parti que je dirige, à ma façon, avec mon équipe.»

M. Couillard a fait valoir les récents commentaires du député caquiste sortant Jacques Duchesneau, sur le changement de moeurs opérés au sein du PLQ.

«M. Duchesneau lui-même dit que le PLQ a changé de façon importante et s'est fortement modernisé et est en train de continuer le changement, a-t-il dit. Je pense que c'est un témoignage extérieur qui a sa grande valeur.»

En 2012, M. Duchesneau, ancien chef de la police de Montréal, avait justifié son saut en politique par son indignation devant l'auto-évaluation de M. Charest sur ses mesures de lutte à la corruption.

La chef péquiste Pauline Marois a réclamé des excuses, samedi, à M. Couillard, «pour tout ce que le Parti libéral a fait subir à nos institutions» durant le mandat de M. Charest, sur le plan éthique.

Dimanche, M. Couillard a accusé sa rivale péquiste de retourner dans le passé alors que les électeurs ont déjà sanctionné M. Charest en élisant les péquistes au gouvernement.

«Il n'y a rien de plus désolant qu'un général qui essaie de combattre à nouveau la dernière bataille, la dernière guerre, a-t-il dit. Elle essaie de refaire l'élection de 2012.»

Par ailleurs, M. Couillard n'a exprimé aucune inquiétude à propos des conséquences que le saut en politique de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau pourrait avoir sur le retour à Québec d'une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Le conglomérat Québecor, dont M. Péladeau est actionnaire de contrôle, a obtenu la gestion de l'amphithéâtre de Québec dans l'objectif d'y ressusciter les Nordiques.

Au moment où M. Péladeau a annoncé qu'il serait candidat du Parti québécois, le candidat libéral dans Louis-Hébert, Sam Hamad, avait affirmé que son plaidoyer en faveur de l'indépendance nuirait au retour d'une concession de la LNH à Québec. Peu après, le maire de Québec, Régis Labeaume avait fait une sortie dans laquelle il avait assuré que les autorités de la LNH n'avaient pas cette crainte.

M. Couillard a rappelé, dimanche, qu'un représentant de la LNH a par la suite confirmé les propos de M. Labeaume. «J'ai été rassuré au moins partiellement par les déclarations de la LNH, a-t-il dit. Les gens ont dit de leur côté que le projet n'était pas très avancé de toute façon, ce qui en soi est un sujet de préoccupation. Il faut vérifier l'état d'avancement réel du projet. Et ils se sont déclarés confiants pour la suite des choses.»

M. Couillard s'est aussi montré favorable au projet de ville intelligente avancé par M. Labeaume, qui souhaite doter la capitale d'un lien de fibre optique à haute densité avec les États-Unis.

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