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Les dirigeants arabes se réunissent à Koweït, impuissants sur la Syrie

23/03/2014 06:20 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Profondément divisés, les chefs d'Etats arabes tiennent leur sommet annuel mardi à Koweït où ils débattront du conflit sanglant qui s'éternise en Syrie, sans être en mesure de contribuer à une solution.

L'opposition syrienne est invitée à la réunion. Mais contrairement au dernier sommet tenu en mars 2013 au Qatar, alors parrain de l'opposition, ses représentants n'occuperont pas le siège de la Syrie qu'ils réclament, vacant depuis la suspension du régime de Damas en 2011.

"Le dernier sommet de Doha a décidé du principe de donner le siège de la Syrie à l'opposition, mais cette dernière n'a pas encore établi ses institutions et elle doit encore prendre des mesures en ce sens", avait déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi le 9 mars.

Le chef de l'opposition syrienne Ahmad Jarba doit prononcer un discours lors de l'ouverture du sommet tandis que l'émissaire spécial de l'ONU Lakhdar Brahimi doit quant à lui présenter un rapport sur la situation en Syrie aux chefs d'Etats arabes.

Pour l'analyste politique koweïtien Dhafer al-Ajmi, les Arabes envoient "le mauvais signal" en ne permettant pas à l'opposition d'occuper le siège de la Syrie, au moment où ils sont totalement impuissants face au conflit qui ravage ce pays.

Dans un discours à l'ouverture de la réunion dimanche des ministres arabes des Affaires étrangères, visant à préparer le sommet, le chef de la diplomatie du Qatar Khaled Al-Attiya a appelé l'ONU à intervenir en Syrie.

"Nous appelons à un cessez-le-feu en Syrie par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sous le Chapitre VII" prévoyant le recours à la force, a-t-il déclaré.

La Syrie est en proie à un conflit déclenché par une révolte pacifique qui s'est transformée en insurrection armée face à la répression menée par le régime de Bachar al-Assad. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 146.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit qui est entré dans sa quatrième année.

Le président Assad reste accroché au pouvoir tandis que l'opposition profondément divisée perd du terrain.

- Les disputes assombrissent le sommet -

Les tensions qui sont récemment apparues entre le Qatar d'une part, et d'autres pays du Golfe emmenés par l'Arabie saoudite de l'autre, sont venues s'ajouter aux divergences dans un monde arabe épuisé par les séquelles des soulèvements populaires.

Les dirigeants tiendront une session spéciale consacrée à "assainir l'atmosphère et faire des compromis", a déclaré le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les Affaires politiques, Fadhel Jawad.

Le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Sabah Khaled Al-Sabah, avait reconnu jeudi lors d'une conférence de presse que le sommet se tenait dans des "circonstances très délicates".

C'est surtout le dossier égyptien qui divise les pays arabes, notamment du Golfe: l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui ont rappelé ainsi que Bahreïn leurs ambassadeurs à Doha, sont les principaux soutiens du pouvoir des militaires, alors que le Qatar est accusé de continuer à soutenir les Frères musulmans évincés du pouvoir.

L'analyste Dhafer al-Ajmi, qui dirige le Gulf Monitoring Group, un centre de recherche indépendant, estime que l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, va tenter une médiation.

"Les disputes arabes assombrissent ce sommet mais j'espère que le Koweït et son émir pourront parvenir à un résultat", dit-il.

Les dirigeants doivent aussi débattre des retombées du "Printemps arabe" qui a bouleversé la carte de la région depuis trois ans.

"Nous faisons face à d'énormes troubles dans la plus grande partie du monde arabe (...) et il est temps de discuter de l'avenir", a déclaré Nabil al-Arabi.

"La plupart des régimes estiment que le +Printemps arabe+ n'a apporté que le chaos et le terrorisme", a estimé l'analyste Al-Ajmi.

Selon le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Fadhel Jawad, le sommet doit débattre d'un nouveau pacte anti-terroriste proposé par l'Egypte, alors que selon des informations de presse Le Caire et Ryad vont pousser pour une résolution déclarant les Frères musulmans "hors-la-loi".

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