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Le Front national profite des élections municipales pour faire des avancées

23/03/2014 04:42 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

PARIS - Le Front national a conquis une municipalité symbolique du nord de la France et menait dans d'autres villes lors du premier tour des élections municipales dimanche, poussant des représentants de la gauche et de ses rivaux de la droite à demander de mettre un terme à l'avancée du parti d'extrême droite.

Le Parti socialiste, victorieux lors du scrutin de 2008, a perdu du terrain au profit du parti conservateur, un phénomène qui a fait rejaillir la grande impopularité du président François Hollande, qui a été incapable de relancer une économie chancelante et de réduire un taux de chômage supérieur à 10 pour cent.

Le Front national l'a emporté dès le premier tour à Hénin-Beaumont, couronnant Steve Briois au poste de maire de cette municipalité de 26 000 habitants, jadis une prospère ville minière. M. Briois a obtenu 50,26 pour cent des votes exprimés, éliminant le besoin de tenir un deuxième et décisif tour dimanche prochain.

S'exprimant sur les ondes de TF1, Marine Le Pen a qualifié le Front national de «grande force nationale, qui s'implante comme il le voulait, et qui le fait avec un cru exceptionnel».

Le premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault a pressé la droite et la gauche à faire front commun afin de bloquer la route au Front national dans les villes que le parti de Mme Le Pen pourrait gagner la semaine prochaine, affirmant que «toutes les forces ont la responsabilité de... stopper» la progression de l'extrême droite. Un soi-disant «front républicain» de la gauche et de la droite a vu le jour en 2002 et battu le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, qui aspirait alors à la présidence de la France.

Toutefois, Jean-François Copé, le chef de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), un parti de droite, a fait savoir qu'il n'y aura aucune alliance avec la gauche lors du deuxième tour. L'UMP se trouvait en position pour maintenir ses avances dans les villes où elle domine — et l'a emporté à Bordeaux où l'ancien premier ministre Alain Juppé est le maire. L'UMP semblait aussi en voie de triompher dans d'autres villes, malgré les allégations de scandale entourant son ex-leader, l'ancien président Nicolas Sarkozy.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que 64,09 pour cent des électeurs s'étaient prévalus de leur droit de vote, un record pour le plus bas taux de participation. Une faible participation au scrutin peut favoriser l'extrême droite.

Des sondages ont révélé que le Parti socialiste perdait du terrain, mais pas dans la ville la plus convoitée, Paris, où deux femmes, la socialiste Anne Hidalgo et la conservatrice Nathalie Kosciusko-Morizet, aspirent à la mairie.

Ces élections visant à élire maires et conseillers dans 36 000 villes, municipalités et villages français représentent aussi un test de la résistance des socialistes actuellement au pouvoir en France. Ce scrutin est le premier depuis l'arrivée de François Hollande à l'Élysée, en 2012.

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