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Jutra-Hommage : «J'étais très émue» - Micheline Lanctôt

23/03/2014 10:26 EDT | Actualisé 23/03/2014 11:54 EDT
PC

«J’étais très émue…»

C’est en ces mots, les larmes aux yeux, que Micheline Lanctôt a remercié l’organisation des Jutra pour l’hommage qu’on lui a rendu, dimanche soir. Sollicitée de partout dans la salle de presse, la dame, qui cumule 40 ans de carrière devant et derrière la caméra, a exprimé son bonheur à bâtons rompus, encore sous le choc des images qui venaient de défiler sous ses yeux.

«Ce prix m’a permis de me rendre compte qu’il y a une continuité dans ce que j’ai fait, et que la persévérance finit toujours par payer, a expliqué l’actrice et réalisatrice. D’ailleurs, sur scène, j’ai oublié de dire quelque chose. Je voulais dire aux filles cinéastes de s’accrocher, parce que ce métier est dur pour les filles. On galère tous, en cinéma, mais, pour les filles, c’est plus dur que pour les gars.»

«Finalement, je suis arrivée à faire pas mal de choses, et j’en suis fière, a poursuivi Micheline Lanctôt. Ça fait quand même 40 ans que je suis dans le paysage. Je trouve que ça arrive à point. Je ne veux pas qu’on pense que c’est un clou de cercueil; j’ai encore plein de projets! Moi, je le prends comme un encouragement à continuer.»

Ce coup de chapeau a-t-il fait davantage plaisir à la réalisatrice ou la comédienne en elle?

«Les deux. Pour l’actrice, je ne suis pas directement responsable du contenu créatif. On est tributaires des rôles qu’on nous donne. Et j’ai été gâtée. J’ai vraiment eu de très beaux rôles, autant à la télévision qu’au cinéma. Je n’ai pas joué souvent les femmes faibles; j’ai un casting qui me colle un petit peu à la peau. Mais ça permet de jouer des personnages intéressants!»

Invitée à se prononcer sur la situation actuelle du septième art québécois, Micheline Lanctôt ne s’est pas montrée particulièrement pessimiste. Selon elle, les films d’ici ont toujours éprouvé une certaine difficulté à se frayer un chemin jusqu’au public.

«La situation n’a jamais été meilleure, quoi qu’on en dise, a-t-elle noté posément. Il y a toujours des périodes fastes et des périodes creuses; c’est impossible de prévoir les succès des films. Mais, ce qui est important, c’est de continuer à avoir un cinéma diversifié, qui s’exporte bien, qui laisse des traces à l’étranger, qui est original. Moi, je ne peux pas souhaiter mieux pour le cinéma québécois», a conclu celle qui tourne présentement son 10e long-métrage, Autrui, et qui joue toujours dans Unité 9.

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