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Géorgie: Washington défend l'ex-président Saakachvili convoqué par la justice

23/03/2014 04:40 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Washington a protesté dimanche contre la convocation par la justice géorgienne de l'ex-président Mikheïl Saakachvili dans plusieurs enquêtes pénales, l'ancien chef d'Etat pro-occidental résidant aujourd'hui aux Etats-Unis.

Le parquet de Géorgie avait annoncé samedi avoir convoqué l'ex-président de cette petite république du Caucase pour l'interroger en tant que témoin, notamment dans l'enquête sur la mort de l'ancien Premier ministre Zourab Jvania, retrouvé asphyxié chez lui en 2005. D'autres enquêtes concernent un détournement de fonds publics par les services de sécurité et la saisie illégale de biens.

Le département d'Etat américain a exprimé dans un communiqué la "préoccupation des Etats-Unis" face à "la décision des autorités géorgiennes".

"Personne n'est au-dessus des lois mais lancer de multiples enquêtes simultanées impliquant un ancien président soulève des inquiétudes légitimes sur les motivations politiques, notamment avec des institutions juridiques et judiciaires aussi fragiles", a critiqué la porte-parole Marie Harf.

Mikheïl Saakachvili réside aujourd'hui aux Etats-Unis, après avoir quitté la Géorgie.

Ce réformateur pro-occidental arrivé en 2003 au pouvoir avec la révolution de la Rose, a dirigé cette ex-république soviétique pendant une décennie et a quitté son poste en novembre dernier. Il a été remplacé par un allié du milliardaire Bidzina Ivanichvili, son ennemi juré dont le parti avait remporté les législatives en 2012.

Ses partisans ont estimé que cette convocation visait à faire taire M. Saakachvili après qu'il eut soutenu le mouvement pro-européen en Ukraine contre le président déchu Viktor Ianoukovitch.

Le Premier ministre géorgien Irakli Garibachvili a pour sa part jugé que des questions légitimes se posaient sur la présidence de M. Saakachvili.

M. Garibachvili avait été reçu à Washington en février et les Etats-Unis l'avaient exhorté à bâtir "une économie forte", à "continuer de réformer la justice" et à "progresser vers l'intégration euro-atlantique", a rappelé Mme Harf.

M. Saakachvili, un avocat formé aux Etats-Unis et en France, est crédité pour avoir fait reculer la corruption en réformant profondément les forces de l'ordre et l'appareil d'Etat. Mais il a entraîné en 2008 son pays dans une guerre désastreuse avec la Russie et a été accusé de tendances autoritaires.

nr/rap

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