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France/municipales: poussée de l'extrême droite, la gauche en recul

23/03/2014 04:08 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

L'extrême droite est arrivée en tête dans plusieurs villes françaises dimanche au premier tour d'élections municipales marquées par le recul de la gauche et la légère progression de la droite dans un contexte de forte impopularité du président socialiste François Hollande et de son gouvernement.

La droite obtiendrait en moyenne 48% des voix dans les communes de 3.500 habitants au moins, et la gauche 43%, tandis que le Front national obtiendrait 7%, selon un sondage BVA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France.

"La gifle attendue est bien arrivée pour la gauche", a commenté Gaël Sliman, le directeur de l'institut BVA.

La patronne du Front national (FN), Marine Le Pen, s'est aussitôt félicitée des premiers résultats donnant des candidats de son parti en tête dans plusieurs villes: c'est la "fin de la bipolarisation de la vie politique" entre la gauche et la droite, et c'est un "cru exceptionnel pour le FN", a-t-elle lancé.

Le parti d'extrême droite espérait avant le scrutin conquérir dix à quinze villes et s'assurer une implantation locale sur le long terme.

"Les conditions d'une grande victoire sont réunies pour le second tour", a résumé de son côté Jean-François Copé, président du principal parti d'opposition de droite UMP, en appelant les électeurs du FN à "reporter leur voix" sur les candidats de son parti au deuxième tour le 30 mars.

Quelque 45 millions de Français et électeurs de l'Union européenne étaient appelés à voter lors de ce scrutin municipal aux enjeux avant tout locaux.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a appelé de son côté à tout faire "pour empêcher qu'un candidat FN emporte une municipalité" au deuxième tour.

Cette élection municipale constituait le premier grand test électoral pour le socialiste François Hollande en proie à une forte impopularité après 22 mois au pouvoir.

Rarement une élection intermédiaire s'est déroulée dans un contexte aussi hostile au pouvoir en place. M. Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault ne sont crédités que de 20 à 25% de confiance dans les sondages d'opinion.

En 2008, lors des dernières élections municipales, l'abstention avait atteint 33,5%. Cette fois, les instituts de sondage l'ont située à environ 35%, un record.

Lors des précédentes municipales, en 2008, un an après la présidentielle gagnée par Nicolas Sarkozy, l'abstention avait déjà atteint un record historique, avec une participation de 66,54% au premier tour et de 65,20% au second tour.

Depuis 1988, tous les scrutins, excepté la présidentielle, ont vu l'abstention progresser en France.

"Cette progression de l'abstention reflète un rejet du personnel politique, amplifié par les dernières affaires", analyse Frédéric Dabi, politologue à l'institut Ifop. "Mais elle illustre également la désillusion des électeurs à l'égard de la capacité des politiques à pouvoir changer les choses".

- Basculement de plusieurs villes ? -

Surfacturations au détriment des finances du parti de droite UMP, enregistrements clandestins d'un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, écoutes judiciaires de l'ancien président: cette accumulation d'affaires au cours des derniers mois a renforcé le discrédit dont souffre la classe politique française.

Toutefois la plupart des études d'opinion avait montré que les électeurs allaient choisir majoritairement leur maire en fonction d'enjeux locaux: impôts, sécurité, voirie, propreté, emploi...

A Paris, un duel de femmes inédit opposait l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet à l'actuelle première adjointe socialiste Anne Hidalgo du maire sortant socialiste Bertrand Delanoë.

A Marseille (sud), deuxième ville de France, un socialiste tentait de déloger un baron UMP, en lice pour un 4e mandat. Dans cette localité, un candidat, l'ex-patron du club de football de Marseille, Pape Diouf, a dénoncé dimanche des "fraudes inacceptables", se réservant le droit de déposer un recours.

Le scrutin municipal vise à désigner pour six ans des conseillers municipaux dans quelque 36.700 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.

Dans le passé, ce type d'élections a souvent été défavorable au pouvoir en place. En 2008, la gauche avait ravi à la droite une quarantaine de villes de plus de 30.000 habitants, dont Toulouse (sud-ouest) et Strasbourg (est), qui pourraient rebasculer. Le Parti socialiste est aussi menacé de perdre Reims (est), Saint-Etienne (centre-est), Angers (ouest) ou Amiens (nord).

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