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France/municipales: poussée de l'extrême droite, la gauche sanctionnée

23/03/2014 05:02 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT
Agence France Presse

L'extrême droite du Front National a réalisé une poussée spectaculaire dimanche au premier tour d'élections municipales en France, marquées par une sanction de la gauche au pouvoir, une légère progression de la droite et une abstention record.

Le Front national (FN) est arrivé en tête dans plusieurs villes du sud - Perpignan, Avignon, Béziers ou Fréjus - et du nord - Forbach - où il pourrait l'emporter au second tour dimanche prochain. A Hénin-Beaumont, ville symbole du nord historiquement ancrée à gauche, le secrétaire général du FN, Steeve Briois, a même été élu dès le premier tour.

"Le Front national s'implante comme il le voulait et il le fait avec un cru exceptionnel", s'est félicitée la présidente du FN, Marine Le Pen, qui figurait en position inéligible sur la liste de Hénin-Beaumont.

La droite obtiendrait en moyenne 48% des voix dans les communes de 3 500 habitants au moins, et la gauche 43%, selon un sondage BVA pour le journal Le Parisien Aujourd'hui en France.

Le FN obtiendrait 7% des suffrages, l'extrême gauche 2%, selon ce même sondage.

«La "gifle" attendue est bien arrivée pour la gauche», a commenté le directeur de BVA, Gaël Sliman.

Le Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault, qui a appelé «les forces démocratiques et républicaines» à faire barrage au FN au second tour, a estimé que "certains électeurs ont exprimé, par leur abstention ou leur vote, leurs inquiétudes, voire leurs doutes".

Le président du principal parti de droite, l'UMP, Jean-François Copé - réélu au premier tour dans sa ville de Meaux, près de Paris - a lui appelé les électeurs du FN à reporter leurs voix sur les candidats de son parti au second tour. Pour lui, «les conditions d'une grande victoire» de la droite sont réunies.

L'UMP a, par ailleurs, confirmé sa ligne «ni Front républicain ni Front national». Il n'y aura «aucun désistement» en faveur de la gauche, ni «alliance» avec le FN, a assuré l'ancien Premier ministre François Fillon.

La droite en tête à Paris

A Paris, un duel de femmes inédit opposait l'ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet à l'actuelle première adjointe socialiste Anne Hidalgo du maire sortant Bertrand Delanoë.

Selon les premières estimations, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy arriverait en tête du premier tour avec 35,8% des suffrages exprimés contre 34,5% pour la candidate socialiste, un résultat qui constitue un revers pour cette dernière.

A Marseille (sud), deuxième ville de France, le maire sortant UMP, Jean-Claude Gaudin, qui brigue un 4e mandat, devancerait son adversaire socialiste de 20 points. Dans cette ville, un candidat, l'ex-patron du club de football de Marseille, Pape Diouf, a dénoncé dimanche des «fraudes inacceptables», se réservant le droit de déposer un recours.

Quelque 45 millions de Français et électeurs de l'Union européenne étaient appelés à voter lors de ce scrutin municipal aux enjeux avant tout locaux.

Cette élection municipale constituait le premier grand test électoral pour le président socialiste François Hollande en proie à une très forte impopularité après 22 mois au pouvoir.

Rarement une élection intermédiaire s'est déroulée dans un contexte aussi hostile au pouvoir en place. MM. Hollande et Ayrault ne sont crédités que de 20 à 25% de confiance dans les sondages d'opinion.

En 2008, lors des dernières élections municipales, un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, l'abstention avait atteint 33,5%. Cette fois, les instituts de sondage l'ont située à environ 35%, un record.

Depuis 1988, tous les scrutins, excepté la présidentielle, ont vu l'abstention progresser en France.

«Cette progression de l'abstention reflète un rejet du personnel politique, amplifié par les dernières affaires», analyse Frédéric Dabi, politologue à l'institut Ifop. «Mais elle illustre également la désillusion des électeurs à l'égard de la capacité des politiques à pouvoir changer les choses».

Surfacturations au détriment des finances du parti de droite UMP, enregistrements clandestins d'un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, écoutes judiciaires de l'ancien président: cette accumulation d'affaires au cours des derniers mois a renforcé le discrédit dont souffre la classe politique française.

Toutefois la plupart des études d'opinion avait montré que les électeurs allaient choisir majoritairement leur maire en fonction d'enjeux locaux: impôts, sécurité, voirie, propreté, emploi...

Le scrutin municipal vise à désigner pour six ans des conseillers municipaux dans quelque 36 700 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.

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