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En cas de défaite de la CAQ, François Legault va continuer à défendre ses idées

23/03/2014 11:29 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Même si la population choisit de tourner le dos à son parti le 7 avril, François Legault assure qu'il ne se laissera pas abattre et qu'il continuera à défendre ses idées à l'extérieur de l'arène politique.

C'est la première fois que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) ouvre son jeu sur ce à quoi pourrait ressembler son avenir personnel, au lendemain d'une éventuelle défaite de son parti, tant à l'échelle du Québec que dans sa circonscription de L'Assomption.

En entrevue à La Presse Canadienne samedi, dans un hôtel de Québec, M. Legault a rappelé qu'il était revenu en politique en 2011 pour défendre un certain nombre d'idées et qu'il persisterait dans cette voie, en politique ou ailleurs, quoi qu'il arrive le 7 avril.

«Le virage qu'on a besoin de faire dans notre société, je vais continuer d'une façon ou d'une autre à le faire», a-t-il dit, plus convaincu que jamais de la nécessité d'imposer au Québec des réformes majeures pour assurer sa prospérité.

Chose certaine, si son destin bascule le soir des élections, ce comptable de formation et entrepreneur de carrière ne se tournera pas vers le monde des affaires, où il a fait fortune. «Ça ne m'intéresse pas», pas plus que les conseils d'administration d'ailleurs, indique l'ancien grand patron d'Air Transat.

«Intellectuellement, ça me tente pas. Je ne suis pas obligé de travailler», rappelle celui qui est indépendant de fortune.

C'est dans son rôle de père qu'il dit puiser sa motivation à défendre ses idées sur la place publique, prêt à reprendre son bâton de pèlerin, quoi qu'il arrive le soir des élections.

Il se décrit comme un homme inquiet pour l'avenir de ses deux fils, devenus des jeunes hommes. «Je veux que mes deux garçons fassent leur vie au Québec, pas à Boston, pas en Californie, au Québec. Actuellement, je suis inquiet. On n'est pas capables de leur offrir d'aller au bout de leur potentiel», prétend celui qui se dit bien déterminé à «continuer à marteler le message», sans trop vouloir s'aventurer sur le moyen qu'il privilégierait, si jamais l'aventure politique prenait fin à court terme.

Dans l'éventualité où il réussit à conserver son siège, il prévoit alors rester en politique, «même si on n'a pas un bon résultat» à travers le Québec.

En début de campagne, conscient de la position précaire de sa formation dans les intentions de vote, M. Legault s'était lancé dans l'aventure en disant mener le combat de sa vie.

En 2011, en fondant son propre parti, après avoir claqué la porte du Parti québécois en 2009, M. Legault, cherchant à se distancer à la fois du PQ et du PLQ, faisait le pari que les Québécois pouvaient se laisser séduire par une troisième voie, axée sur «une économie de propriétaires» et située en marge de l'éternel duel entre souverainistes et fédéralistes.

Trois ans plus tard, malgré la défaite de 2012 et la baisse de popularité de sa formation, apparemment inexorable, il maintient que l'avènement d'une troisième voie constitue la solution «inévitable» aux problèmes du Québec.

«La troisième voie, si elle n'arrive pas cette fois-ci, elle va arriver la prochaine ou l'autre fois d'après», avec la CAQ ou un autre parti.

«C'est juste une question de temps», soutient mordicus le chef caquiste, qui se plaît à diaboliser les «vieux partis».

Car le Québec «fonce vers un mur», s'il ne change pas sa gestion des services publics, sa culture d'entreprenariat, et s'il ne parvient pas à réduire l'écart de richesse, à hauteur de 20 pour cent, qui le sépare du reste du Canada.

Le principal obstacle qu'il dit rencontrer sur sa route n'est ni le PLQ, ni le PQ, mais «la résignation des Québécois».

Pourtant, il ne leur en veut pas de baisser les bras et de rester sourds aux discours des politiciens: «Les Québécois ont raison d'être cyniques, parce qu'ils ont été trompés, et par le Parti libéral et par le Parti québécois», selon celui pour qui l'un ou l'autre c'est du pareil au même.

Même s'il reste à peine deux semaines avant le vote, M. Legault se dit toujours confiant de pouvoir inverser la tendance, en essayant de mieux «concentrer» son message pour donner une nouvelle impulsion à la CAQ, qui paraît figée en troisième place dans les sondages, loin derrière le PLQ et le PQ. Mais pour cela, convient-il, il faudra réussir à échapper au débat référendaire, qui occulte tout le reste depuis le début de la campagne.

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