POLITIQUE

Diverses questions liées à l'éthique surgissent dans la campagne électorale

23/03/2014 12:47 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT
PC

Il a été question d'éthique lors de la 19e journée de la campagne électorale québécoise, dimanche.

Pour un, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est dit le mieux placé pour mener la lutte à la corruption.

Selon lui, son adversaire péquiste Pauline Marois n'est plus dans le coup tandis que son rival libéral Philippe Couillard doit composer avec le passé récent de sa formation.

M. Legault a vanté l'intégrité de son équipe, contrairement aux candidats libéraux éclaboussés par toutes sortes d'allégations et les visites de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Il a fait référence aux anciens ministres libéraux Pierre Moreau et Sam Hamad, visités par les enquêteurs de la commission Charbonneau, à leur collègue Laurent Lessard, cité dans les travaux de la commission, ainsi qu'au chef libéral lui-même, Philippe Couillard, rencontré chez lui par les enquêteurs de l'UPAC.

M.Couillard s'est monté prudent au sujet de l'éthique en refusant d'évaluer le bilan de son prédécesseur Jean Charest en matière de lutte à la corruption.

Le chef libéral a déclaré qu'il porte l'héritage des 150 ans du Parti libéral du Québec mais ne s'est pas avancé sur le bilan de son prédécesseur. «Je ne note jamais ni les gens en politique, ni les médias», a-t-il répondu lors d'un échange avec les journalistes qui couvrent sa campagne.

Il a cependant répété qu'il aurait souhaité que les libéraux se prononcent plus rapidement en faveur d'une commission d'enquête sur la construction, sous le règne de son prédécesseur.

M. Couillard a fait valoir les récents commentaires du député caquiste sortant Jacques Duchesneau, sur le changement de moeurs opérés au sein du PLQ. «M. Duchesneau lui-même dit que le PLQ a changé de façon importante et s'est fortement modernisé et est en train de continuer le changement. Je pense que c'est un témoignage extérieur qui a sa grande valeur.»

Listes électorales

Le Parti québécois tente toujours de marquer des points sur la question de soi-disant étudiants ontariens et du reste du pays qui tenteraient de s'inscrire en fraude sur les listes électorales.

Après la chef Pauline Marois samedi, trois candidats importants du parti ont demandé dimanche l'intervention du Directeur général des élections, Jacques Drouin, dans ce dossier.

Selon divers médias, des étudiants canadiens tenteraient de barrer la route au Parti québécois en s'inscrivant dans certaines circonscription.

Bertrand Saint-Arnaud, Léo Bureau-Blouin et Nicole Léger ont dit craindre que «les élections ne soient volées par des gens de l'Ontario et d'ailleurs au pays», et souhaitent que les autorités électorales tirent cette affaire au clair.

Mme Marois n'a pas parlé de vol d'élections, mais a néanmoins fait part d'une certaine inquiétude.

Elle a exigé des assurances de la part du Directeur général des élections du Québec (DGE) et n'a pas exclu des amendements à la loi électorale pour colmater les failles présumées.

«Je demande au DGE de nous assurer de l'intégrité du vote et je ne suis pas capable d'imaginer que l'on puisse, de l'Ontario ou d'ailleurs, vouloir manipuler le vote au Québec», a lancé Mme Marois à l'occasion d'une mêlée de presse dimanche, au 19e jour de la campagne électorale, à Sainte-Angèle-de-Prémont en Mauricie.

«Je n'ose pas croire, je ne peux pas croire qu'on puisse volontairement manipuler un vote, je suis estomaquée, je serais estomaquée, d'apprendre que ce soit le cas», a-t-elle ajouté.

Interrogé à ce sujet, dimanche matin toujours, le chef libéral Philippe Couillard s'est montré avare de commentaires, disant simplement que le DGE continuerait d'effectuer son travail «de façon indépendante».

Même son de cloche du côté de François Legault, qui estime lui aussi qu'il en revient au DGE de s'assurer que «tous ceux qui ont le droit de voter puissent le faire». Le chef caquiste soutient également ne pas avoir vu, «jusqu'à présent», de preuves de ces présumées irrégularités.

En fin d'après-midi dimanche, un porte-parole du DGE, Denis Dion, a reconnu que la notion de domicile pouvait être problématique, mais que l'information à ce sujet avait été précisée, tant du côté des électeurs que des commissions de révision.

«On a constaté que dans les commissions de révision, après cette petite formation, les choses se déroulaient mieux, les demandes étaient mieux traitées», a-t-il affirmé.

De plus, selon lui, la situation est loin d'être celle décrite par le PQ. En comparant les demandes d'inscriptions à la liste électorale de cette année avec celles de la dernière élection générale, dans deux des trois circonscriptions de Montréal mentionnées par la première ministre, il y a moins de demandes cette année. Dans la troisième, Saint-Henri—Sainte-Anne, il y en a 56 de plus.

«Ce qui veut dire que l'affluence surprenante et le nombre anormalement élevé de demandes, ce n'est pas vrai», a tranché M. Dion.

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