NOUVELLES

Djibouti: après l'échec de discussions avec l'opposition, le président affirme garder "la porte ouverte"

23/03/2014 06:50 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Le président djiboutien Omar Guelleh affirme que "la porte reste ouverte" à un nouveau dialogue avec la coalition de l'opposition, après l'échec de discussions pour tenter de sortir d'une crise politique qui dure depuis plus d'un an, tout en opposant une fin de non-recevoir à certaines de leurs exigences.

"La porte reste ouverte. Si Dieu a accepté qu'il y ait le diable, pourquoi refuserais-je qu'il existe une opposition ?", déclare le président, arrivé au pouvoir en 1999, dans un entretien dimanche au magazine Jeune Afrique, au cours duquel il réaffirme ne pas vouloir se représenter au terme de son mandat qui s'achève en 2016.

Le président a rencontré début février un responsable de l'Union pour le salut national (USN, coalition de l'opposition) mais les discussions ont échoué. Après les élections législatives de février 2013, entachées de fraudes selon l'opposition, un dialogue avait déjà débuté mi-août avec le pouvoir, sous la pression de l'UE et des Etats-Unis, mais il avait tourné court après quatre rencontres.

"Les politiciens qui ont formé cette alliance de circonstance qu'est l'USN n'ont rien en commun, ni programme, ni stratégie cohérente. Nous avons donc assisté à une série d'avancées, suivies de reculades intempestives, comme si leur penchant naturel était d'accepter nos concessions mais que des conseillers occultes intervenaient aussitôt pour les sommer d'être intransigeants", commente le chef de l'Etat, 66 ans.

Omar Guelleh dénonce notamment la volonté du mouvement des Frères musulmans, au sein de la coalition, de "marchander la participation de l'USN à l'assemblée contre la reconnaissance de cette tendance en tant que parti", ce dont "il ne saurait être question".

Parmi les exigences de l'USN, figure aussi l'extension des prérogatives de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), y compris jusqu'à la proclamation des résultats.

Mais le président djiboutien exclut également cette hypothèse, jugeant que "le ministère de l'Intérieur ne saurait être tenu à l'écart du processus électoral". Il estime en outre que l'opposition "va finir par se disloquer".

L'USN affirme avoir remporté les législatives du 22 février 2013 et revendique 52 sièges sur 65. Le pouvoir ne lui en a attribué que 10. Seuls deux députés de l'opposition ont accepté de siéger.

L'USN avait déploré de ne pas avoir obtenu les résultats définitifs, bureau par bureau, ce qu'avait également réclamé en vain l'Union européenne. Le Parlement européen avait conclu en juillet à des "soupçons de fraude" et demandé au pouvoir de mettre fin à la répression des opposants.

blb/sba

PLUS:hp