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Des libéraux réclamaient à Charest une commission d'enquête

23/03/2014 05:44 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

Derrière les portes closes du caucus libéral, des députés dissidents ont exprimé le souhait qu'une commission d'enquête sur la construction soir mandatée le plus rapidement possible, malgré les résistances publiques de l'ancien premier ministre Jean Charest, a déclaré l'un d'eux, dimanche.

Un ancien député libéral de M. Charest, Michel Matte, a affirmé que des élus libéraux avaient tenté de faire changer la position du gouvernement, qui a refusé pendant deux ans et demi les demandes à ce sujet.

Candidat dans la circonscription de Portneuf, M. Matte a raconté aux journalistes qu'un groupe, dont le nombre aurait augmenté avec le temps, avait exprimé la nécessité de mandater une commission d'enquête, lors des réunions des députés libéraux.

« Quand je suis au caucus, je suis omniprésent et je fais valoir mes idées, a-t-il dit. Je le sais qu'au caucus, c'est l'endroit où on exprime nos idées. Oui, j'ai demandé qu'on puisse le faire plus rapidement possible. Oui, on était là pour le demander, personnellement oui, je demandais qu'elle soit faite le plus rapidement possible. »

M. Matte, qui se représente à nouveau dans Portneuf après avoir été défait par la Coalition avenir Québec en 2012, n'a pas voulu préciser combien de députés partageaient son avis, dans les réunions du caucus.

« On était un groupe, a-t-il dit. [...] Ç'a évolué dans le temps. »

M. Matte, député de Portneuf entre 2008 et 2012, n'a pas voulu préciser ce qui bloquait ces revendications formulées au sein du caucus.
« Quand on discute d'un projet de loi, il y a toujours deux côtés, on nous dit ça, ça, et on chemine », a-t-il dit.

M. Matte a fait cette déclaration alors que le chef libéral Philippe Couillard faisait un arrêt dans une cabane à sucre de sa circonscription, avec sa caravane électorale.

11 votes contre une commission d'enquête

À l'Assemblée nationale, les libéraux ont voté 11 fois contre des motions réclamant qu'une commission d'enquête soit mandatée, jusqu'à ce que M. Charest annonce, en novembre 2011, la nomination de la juge France Charbonneau avec pour mandat d'examiner les allégations de malversation dans le secteur de la construction.

« On aurait pu la faire plus tôt, a dit M. Matte dimanche. Mais elle est là, maintenant, et je suis heureux qu'elle soit là parce qu'elle va faire du ménage et on va se tourner vers le futur. »

Plus tôt, à Québec, lors d'une conférence de presse où il a présenté des engagements pour la capitale, M. Couillard avait répété que les libéraux auraient dû se prononcer plus rapidement en faveur d'une commission d'enquête sur la construction, sous le règne de son prédécesseur.

« En ce qui me concerne, la Commission Charbonneau aurait pu débuter plus tôt », a-t-il dit.

S'adressant aux journalistes au même endroit où M. Charest s'était attribué la note de huit sur dix pour la lutte à la corruption, M. Couillard s'est montré plus réservé.

« Je ne note jamais ni les gens en politique ni les médias », a-t-il répondu.

M. Couillard, qui a été ministre de la Santé de 2003 à 2008 dans le gouvernement Charest, a déclaré qu'il porte l'héritage du Parti libéral du Québec.

Mettant de l'avant le bilan économique des libéraux en emploi, dans le maintien des services et de l'investissement public, M. Couillard a pris soin d'insister sur son arrivée récente à la tête du parti.

« Il y a de nombreux, nombreux gains qui ont été faits au cours des dernières années comme sous tous mes prédécesseurs qui ont dirigé le PLQ et moi c'est l'héritage du PLQ que je porte, a-t-il dit. [...] Je suis chef du PLQ depuis le 17 mars 2013, c'est aujourd'hui le parti que je dirige, à ma façon, avec mon équipe. »

Changements de moeurs

M. Couillard a fait valoir les récents commentaires du député caquiste sortant Jacques Duchesneau, sur le changement de moeurs opéré au sein du PLQ.

« M. Duchesneau lui-même dit que le PLQ a changé de façon importante et s'est fortement modernisé et est en train de continuer le changement, a-t-il dit. Je pense que c'est un témoignage extérieur qui a sa grande valeur. »

En 2012, M. Duchesneau, ancien chef de la police de Montréal, avait justifié son saut en politique par son indignation devant l'auto-évaluation de M. Charest sur ses mesures de lutte à la corruption.

La chef péquiste Pauline Marois a réclamé des excuses, samedi, à M. Couillard, « pour tout ce que le Parti libéral a fait subir à nos institutions » durant le mandat de M. Charest, sur le plan éthique.

Dimanche, M. Couillard a accusé sa rivale péquiste de retourner dans le passé alors que les électeurs ont déjà sanctionné M. Charest en élisant les péquistes au gouvernement.

« Il n'y a rien de plus désolant qu'un général qui essaie de combattre à nouveau la dernière bataille, la dernière guerre, a-t-il dit. Elle essaie de refaire l'élection de 2012. »

La Presse Canadienne

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