NOUVELLES

Algérie: Bouteflika, garant de la stabilité pour ses partisans

23/03/2014 05:09 EDT | Actualisé 23/05/2014 05:12 EDT

"Bouteflika représente la sécurité, la stabilité et la réconciliation", donc "je voterai pour lui". Comme Mohamed Cheikh, des centaines d'habitants de Tamanrasset (sud) sont venus soutenir dimanche le président algérien sortant, présent uniquement sur les affiches, au premier jour de la campagne présidentielle.

Abdelaziz Boutflika, favori parmi cinq autres postulants, n'est pas apparu, laissant son directeur de campagne, l'ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, lancer la course à la présidence d'abord à Adrar (Sahara) puis à Tamanrasset, où il a été accueilli par des yous-yous, des cavaliers et des groupes de musique.

De nombreux partisans s'étaient déplacés pour l'occasion, semblant peu gênés par l'absence du candidat, qu'ils continuent à voir comme un gage de stabilité, malgré son âge, 77 ans, et une santé vacillante.

Au pouvoir depuis 15 ans, M. Bouteflika, apparaît considérablement amoindri par un AVC qui a nécessité l'an passé son hospitalisation durant 80 jours en France. Le 3 mars, c'est d'une voix à peine audible qu'il a annoncé sa candidature.

Mais pour ses supporters, sa présence à la tête de l'Etat est cruciale pour l'avenir de l'Algérie. "Je suis venue avec ces femmes d'Aoulef, à 250 km d'Adrar, pour soutenir Bouteflika. Nous savons qu'il est fatigué mais nous avons besoin de lui pour la stabilité du pays", déclare Messaouda. Autour d'elle, les femmes acquiescent en hochant la tête.

A Tamanrasset, dernière grande ville du Sud algérien située à seulement 400 km du Mali, Mohamed Cheikh, professeur de français, est du même avis.

"Soyez tranquille, l'Algérie est en sécurité. Nous avons une armée forte", lance d'ailleurs M. Sellal aux centaines d'habitants réunis au centre culturel et à l'extérieur où ils pouvaient suivre son discours via des haut-parleurs.

- 'Partage' -

Vêtu d'un costume, mais sans cravate dans une chaleur étouffante, M. Sellal, accueilli en grande pompe par des Touaregs juchés sur des chameaux, a promis le partage des richesses du Sud, un thème qui risque d'être majeur durant cette campagne.

La presse s'est ainsi fait l'écho d'un nouveau slogan: après le "dégage" lancé par les manifestants lors du Printemps arabe, c'est désormais "partage" qui revient comme un leitmotiv.

Selon l'indice de corruption 2013 de l'ONG Transparency International, l'Algérie est classée 94e sur 177 pays.

"Il y a des minerais et vous êtes prioritaires pour en profiter", affirme M. Sellal à propos de deux gisements d'or se trouvant dans cette vaste préfecture désertique.

Située à la croisée des chemins sahéliens, à 2.000 km au sud d'Alger, Tamanrasset, 200.000 habitants, pâtit de divers trafics et souffre d'une baisse importante du tourisme en raison de la peur du terrorisme.

Et la région alentours est peu développée. Originaire de Tinzaouatine à la frontière avec le Mali, Khadidja, la quarantaine, amenée au meeting par bus, déplore le manque d'infrastructures: "Il n'y a pas de lycée, pas de développement, pas de minimum requis".

Mais alors qu'un homme approche, cette femme en tenue traditionnelle et aux yeux noirs soulignés de khôl change de ton: "Nous mettons beaucoup d'espoir dans notre président pour le développement de notre région", affirme-t-elle d'un coup.

Il est difficile de savoir si les personnes mobilisées étaient réellement de fervents partisans de Bouteflika, ou si elles exprimaient des positions plus arrêtées, ayant été incitées à venir par l'équipe de campagne du candidat.

A Adrar, capitale de la plus grande préfecture du pays, M. Sellal a promis une "démocratie plus large", assurant que tous les citoyens participeront au développement du pays.

"A Reganne, 100 km d'Adrar, la femme n'a pas de droits. Je suis ici en espérant que Bouteflika nous donnera nos droits", dit une assistante médicale.

Les autres candidats ont aussi lancé leur campagne dimanche, notamment le principal rival de M. Bouteflika, l'ex-Premier ministre Ali Benflis.

Et à Alger, une coalition a appelé à une alternative dénonçant un système où "tous les pouvoirs son concentrés entres les mains du chef de l'Etat".

amb/cco/cbo

PLUS:hp