NOUVELLES

Une troupe pro-russe envahi une base aérienne ukrainienne en Crimée

22/03/2014 09:17 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

DONETSK, Ukraine - Des troupes pro-russes ont envahi, samedi, une base des forces aériennes ukrainiennes en Crimée, tirant des coups de feu et passant à travers les murs de béton avec des véhicules blindés.

Selon des images fournies par le ministère de la Défense de l'Ukraine, un blindé aurait également défoncé la porte principale de la base de Belbek, près de la ville portuaire de Sébastopol. Deux ambulances sont arrivées sur les lieux et sont rapidement reparties, l'une d'entre elle transportant ce qui semblait être un blessé.

Le commandant de la base, Iouliy Mamtchour, a confirmé que l'invasion avait fait au moins un blessé. Il a raconté qu'au moment de l'incident, il avait rassemblé ses hommes afin de chanter l'hymne national ukrainien. M. Mamtchour a ajouté que la garnison avait l'intention de remettre ses armes.

Au cours des derniers jours, les forces pro-russes ont saisi plusieurs installations militaires ukrainiennes dans la péninsule de la mer Noire, qui a voté la semaine dernière en faveur de sa séparation de l'Ukraine et de son annexion à la Russie.

Toujours samedi, plus de 5000 manifestants pro-russes sont descendus dans les rues d'une importante ville de l'est de l'Ukraine afin de réclamer la tenue d'un référendum sur la séparation de la région et son rattachement à la Russie.

Le rassemblement à Donetsk s'est déroulé moins d'une semaine après que la Crimée se fut séparée de l'Ukraine à la suite d'un référendum jugé illégal par l'Occident. Après le vote, Moscou a officiellement annexé la péninsule à son territoire.

Avec la Crimée sous le contrôle des forces pro-russes, qui encerclent les bases militaires ukrainiennes dans la péninsule, plusieurs s'inquiètent de voir d'autres régions de l'est de l'Ukraine entreprendre une démarche similaire.

La Russie a stationné d'importants effectifs militaires le long de la frontière est de l'Ukraine. Le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé ne pas avoir l'intention de pénétrer en sol ukrainien, mais la possibilité d'affrontements violents entre partisans et opposants de la séparation pourrait servir de prétexte pour dépêcher des soldats.

L'est de l'Ukraine est le principal centre de l'industrie lourde et minière du pays, un secteur vital pour l'économie ukrainienne. C'est aussi là que se trouve la majorité de la base électorale de Viktor Ianoukovitch, l'ancien président de l'Ukraine qui s'est réfugié en Russie le mois dernier après avoir été chassé du pouvoir dans la foulée de trois mois de manifestations à Kiev.

Moscou et les fidèles de M. Ianoukovitch soutiennent que son renversement constitue un coup d'État et que les nouveaux dirigeants de l'Ukraine sont des nationalistes qui comptent oppresser les russophones de l'est du pays.

À Donetsk, les protestataires ont érigé de nombreuses tentes, une référence ironique au campement installé sur la principale place de Kiev dans le cadre du mouvement de contestation contre Viktor Ianoukovitch qui s'est amorcé à la fin du mois de novembre.

Vendredi, le Parlement local a formé un groupe de travail chargé d'élaborer un référendum semblable à celui qui a eu lieu en Crimée.

Alors que les tensions s'intensifient dans l'est de l'Ukraine, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a envoyé quelques 200 observateurs sur place afin de calmer le jeu.

Dans un communiqué, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, a dit espérer que l'équipe de l'OSCE aiderait à régler la crise ukrainienne et à assurer le respect des droits de la personne dans le pays.

La semaine dernière, les forces pro-russes avaient interdit aux observateurs de l'OSCE d'entrer en Crimée. L'organisation n'a pas précisé si son équipe se rendrait finalement dans la péninsule.

M. Loukachevitch a indiqué, samedi, que la mission de l'OSCE refléterait le nouvel ordre politique et juridique en ne couvrant pas la Crimée et Sébastopol, qui appartiennent maintenant à la Russie.

Le principal représentant des États-Unis à l'OSCE, Daniel Baer, a affirmé que les observateurs devraient avoir accès à la région parce que, pour le reste du monde, elle faisait toujours partie de l'Ukraine.

PLUS:pc