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Trois autres personnes perdent la vie dans les manifestations au Venezuela

22/03/2014 03:59 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Trois autres personnes ont été tuées dans les manifestations antigouvernementales au Venezuela, où les partisans et les opposants du président Nicolas Maduro sont encore descendus dans les rues, samedi, pour de nouvelles démonstrations de force.

Un homme identifié sous le nom de Jesus Orlando Labrador a succombé à une blessure par balle dans la poitrine samedi dans la ville de Merida, dans le sud-ouest du pays, selon le maire de la localité, Carlos Garcia. Il a indiqué que l'incident s'était produit quand un présumé groupe de loyalistes du gouvernement a commencé à tirer sur des manifestants antigouvernementaux.

Une autre victime, Argenis Hernandez, a été abattue d'une balle dans l'abdomen par des automobilistes en colère, vendredi. Il faisait partie d'un groupe d'étudiants qui bloquaient une autoroute en périphérie de Valencia, la troisième ville du Venezuela et l'un des points chauds des récents troubles dans le pays. Il a succombé à ses blessures à l'hôpital samedi avant l'aube, ont déclaré des responsables locaux à l'Associated Press.

À San Cristobal, la ville où la plus récente vague de manifestations a commencé, un conducteur d'autobus âgé de 31 ans, Wilfredo Rey, a été atteint par balle vendredi quand un groupe de partisans du président circulant à moto est entré dans un quartier antigouvernemental et a commencé à tirer au hasard. L'information a été transmise par Sergio Vergara, qui dirige San Cristobal depuis que le maire Daniel Ceballos, qui s'opposait ouvertement au président Maduro, a été arrêté la semaine dernière pour des allégations d'incitation à la violence.

Plus de 30 personnes ont été tuées depuis cinq semaines dans les affrontements entre manifestants et forces de sécurité, qui sont parfois accompagnées de civils à moto fidèles au gouvernement socialiste de M. Maduro. Des centaines d'autres personnes ont été blessées ou arrêtées.

Les menaces de violences n'ont pas empêché des milliers de Vénézuéliens de se rassembler pacifiquement dans la capitale et dans d'autres villes du pays, samedi, pour réclamer que la force ne soit plus employée contre les dissidents.

Les manifestations ont été organisées un peu plus d'un mois après l'arrestation de Leopoldo Lopez, un chef de file de l'opposition qui appelait le président à démissionner. Il a été accusé de complot et d'incendie criminel en lien avec la première vague de manifestations meurtrières.

Un membre du parti Volonté populaire de M. Lopez, Carlos Vecchio, s'est adressé à la foule pour défier un mandat d'arrestation qui le vise, tandis que la femme de M. Lopez, Lilian Tintori, a lu une lettre écrite par son mari en prison, dans laquelle il appelle M. Maduro à démissionner et à ouvrir la voie à la réconciliation nationale.

«Maduro, je veux te dire, à toi et à ceux qui sont avec toi, que si tu ne démissionnes pas, tu auras des millions de Vénézuéliens dans les rues et au-delà pour se battre pour le changement politique que nous méritons», affirme la lettre.

À l'autre bout de la ville, M. Maduro s'est adressé à une foule beaucoup moins imposante rassemblée par des étudiants loyalistes qui voulaient dénoncer les incendies criminels ayant forcé la fermeture de plusieurs universités depuis des semaines.

Le successeur du défunt président Hugo Chavez estime que les manifestations antigouvernementales sont soutenues par les États-Unis et s'inscrivent dans le cadre d'un complot «fasciste» visant à provoquer des violences et à le déloger du pouvoir, quelques mois après que son parti eut remporté les élections municipales à travers le pays.

«Ces Chuckys sont des descendants directs des nazis», a lancé M. Maduro à ses partisans, en référence à la poupée diabolique d'une série de films d'horreur hollywoodiens, à laquelle il compare régulièrement ses opposants.

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