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L'OSCE envoie une mission d'observation en Ukraine

22/03/2014 02:30 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à laquelle appartient la Russie, a décidé vendredi l'envoi d'une mission d'observation en Ukraine pour une durée de six mois.

Un compromis a pu être trouvé entre la Russie, qui a rattaché la péninsule ukrainienne de Crimée à son territoire, et les 56 autres pays membres de l'OSCE, alors que des diplomates occidentaux avaient imputé à Moscou l'échec de précédentes discussions à ce sujet.

Le texte a toutefois immédiatement donné lieu à des interprétations divergentes de la part des États-Unis et de la Russie, Washington considérant que la Crimée entrait dans le champ de cette mission, ce que conteste Moscou.

L'objectif de cette mission, dont le déploiement débutera dès ce week-end, est de contribuer « à travers le pays (...) à réduire les tensions et à favoriser la paix, la stabilité et la sécurité », est-il écrit dans le texte d'annonce de la décision, prise à l'issue d'une réunion extraordinaire.

Ce document ne mentionne toutefois pas la Crimée, ce qui jette un doute sur la capacité des observateurs à se rendre un jour dans cette région peuplée majoritairement de russophones et annexée par la Russie après la destitution en février du président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch à la suite d'un mouvement de contestation pro-européen.

La mission de l'OSCE sera basée à Kiev et sera constituée dans un premier temps de 100 observateurs civils. Ses effectifs pourraient ensuite être augmentés de 400 observateurs supplémentaires.

Elle se déploiera initialement dans neuf villes, dont Donetsk, grande ville de l'est russophone de l'Ukraine.

Déploiement rapide

Dans un communiqué, les États-Unis affirment : « La Crimée est en Ukraine. Un seul pays participant prétend qu'elle est autre part qu'en Ukraine ».

« Il est évident qu'avec l'adoption de cette décision, cette mission dispose d'un mandat pour travailler en Crimée et dans toutes les autres parties de l'Ukraine ».

L'ambassadeur russe Andreï Keline a en revanche jugé que la Crimée était désormais un territoire russe. « (Les observateurs de l'OSCE) n'ont aucun mandat pour s'y rendre. La Crimée fait partie de la Fédération de Russie », a-t-il dit.

Malgré ces divergences, le ministre allemand des Affaires étrangères a jugé que l'envoi de cette mission constituait un pas dans la bonne direction.

« Ce n'est pas encore la fin de la crise, mais une initiative qui contribue à soutenir nos efforts d'apaisement », a déclaré Frank-Walter Steinmeier, qui doit se rendre en Ukraine samedi.

« La situation en Ukraine demeure instable et menaçante. Pour cette raison, les observateurs doivent se mettre à la tâche le plus rapidement possible », a-t-il ajouté.

De premières équipes doivent commencer à se déployer dans les 24 heures suivant la décision prise vendredi, selon les termes du compromis.

Des observateurs militaires de pays membres de l'OSCE ont tenté en vain à plusieurs reprises de se rendre en Crimée en début de mois. Ils ont à chaque fois été refoulés et ont même été accueillis en une occasion par des tirs de sommation.

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