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Le pape présente les premiers membres du comité sur les agressions sexuelles

22/03/2014 09:48 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le pape François a dévoilé, samedi, les noms des premiers membres du comité chargé de le conseiller en matière d'agressions sexuelles, des nominations qui signalent son ouverture à aller au-delà des responsables de l'Église pour définir les priorités et le mode de fonctionnement de la commission: la moitié des membres sont des femmes, et l'une d'entre elles a été agressée par une prêtre durant son enfance.

Ces huit experts laïques et religieux ont été présentés samedi, après que le souverain pontife eut été critiqué par des groupes de victimes en raison de son manque apparent d'intérêt pour le scandale entourant les agressions sexuelles commises par le clergé.

Ce scandale a sérieusement terni la réputation de l'Église et coûté des milliards de dollars aux diocèses en frais juridiques et règlements.

En décembre, le Vatican avait annoncé la décision du Saint-Père de créer un comité afin de l'aider à déterminer les meilleures politiques pour protéger les enfants, former le personnel ecclésiastique et empêcher les agresseurs de se joindre au clergé. Aucun détail n'avait toutefois été fourni avant l'annonce de samedi.

Le Saint-Siège n'a pas précisé si le comité se pencherait sur la question controversée des sanctions à imposer aux évêques ayant protégé les agresseurs.

Dans un communiqué, le Vatican a toutefois laissé entendre qu'il pourrait s'attarder à cette question, en affirmant que la commission examinerait à la fois «les devoirs et responsabilités civils et canoniques» du personnel de l'Église. Le droit canon prévoit des sanctions pour un évêque qui aurait fait preuve de négligence face à ses responsabilités, mais de telles sanctions n'ont jamais été imposées à un évêque ayant omis de dénoncer un prêtre pédophile à la police.

Parmi les huit premiers membres nommés à la commission figure Marie Collins, une Irlandaise agressée sexuellement à l'âge de 13 ans par un aumônier, qui est devenue une militante bien en vue du mouvement réclamant l'obligation de rendre des comptes au sein de l'Église.

Un autre membre est le cardinal Sean O'Malley, l'un des plus proches conseillers du pape qui est aussi l'archevêque de Boston, où a éclaté le scandale des prêtres pédophiles aux États-Unis, en 2002.

Deux autres membres sont professeurs à l'Université pontificale grégorienne de Rome, qui a organisé en 2012 un séminaire pour les évêques afin de les former sur les meilleures pratiques pour protéger les enfants. Plusieurs participants à cette conférence ont été nommés au sein de la commission, dont la baronne Sheila Hollins, une éminente psychiatre britannique.

Durant la conférence en 2012, Mme Hollins avait raconté aux évêques ses propres souffrances, les hospitalisations, l'anxiété et la dépression qu'elle a vécues après que les autorités de l'Église catholique irlandaise eurent refusé de la croire quand elle a dénoncé son agresseur, retournant plutôt le blâme contre elle.

Le porte-parole du Vatican, le père Frederico Lombardi, a déclaré que la mise sur pied de cette commission est une preuve que le pape François croit que «l'Église doit placer la protection des mineurs parmi ses plus hautes priorités».

L'organisation SNAP, qui représente les victimes des prêtres aux États-Unis, a estimé que le pape n'avait pas besoin d'un autre comité d'étude, mais seulement d'expulser les évêques complices des prêtres pédophiles.

«Il a eu plus d'un an pour expulser, rétrograder, discipliner ou dénoncer même un seul d'entre eux», a déclaré une responsable de l'organisation, Barbara Dorris, dans un communiqué. «Mais comme ses prédécesseurs, il refuse de prendre cette mesure simple mais cruciale pour la justice, la guérison et la prévention.»

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