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Stephen Harper soutient le premier ministre ukrainien (VIDÉO)

22/03/2014 07:30 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

Stephen Harper est devenu samedi le premier chef de gouvernement du G7 à se rendre à Kiev depuis que la Crimée a été rattachée à la Russie.

À défaut d'annoncer de nouvelles mesures concrètes, le premier ministre canadien a rappelé son appui au gouvernement intérimaire de Kiev, assurant que le Canada va aider l'Ukraine à lutter contre la corruption et à bâtir un système judiciaire indépendant.

« Vous avez fait reculer un régime qui a pointé ses fusils en direction de sa propre population et qui a assassiné les vôtres », a-t-il dit après sa rencontre avec le premier ministre par intérim Arseni Iatseniouk.

M. Harper a eu des mots durs pour le président russe Vladimir Poutine, dénonçant la « parodie de référendum » en Crimée. Il a soutenu que la Russie avait violé un accord qui devait garantir l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

« Le président russe a fourni une justification logique à ceux qui, ailleurs, n'avaient besoin que d'un petit encouragement, s'ajoutant à leur orgueil ou leurs griefs, pour s'armer jusqu'aux dents », a soutenu le premier ministre, faisant référence à l'Iran et la Corée du Nord, a-t-il précisé par la suite.

Pour ajouter au symbole, il a présenté au premier ministre Iatseniouk le drapeau ukrainien qui a flotté devant l'édifice du parlement à Ottawa.

M. Harper a également annoncé la réouverture des négociations de libre-échange entre l'Ukraine et le Canada. 

Le Canada a élargi vendredi ses sanctions contre la Russie, pour contester l'annexion de la Crimée. Quatorze hauts dirigeants russes sont touchés, ainsi que la banque Rossiya, où Vladimir Poutine a ouvert un compte pour protester contre les sanctions de l'Occident.

Doyens du G7

Cette visite intervient deux jours avant une réunion d'urgence du G7, lundi, durant laquelle il est attendu que M. Harper se prononce pour un front commun et uni contre les Russes en vue de faire fléchir la position du président Poutine.

La réunion du G7 se tiendra en marge du sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye, lundi soir.

Tous les yeux seront tournés vers la chancelière allemande Angela Merkel, qui a défendu une approche plus prudente face à la Russie, mais qui, selon certaines informations, aurait été vexée par de fausses assurances de M. Poutine qu'il n'avait aucune vue sur la Crimée.

Stephen Harper et Angela Merkel ont une relation étroite, étant les deux plus anciens chefs du G7.

Le premier ministre canadien devrait avoir un poids supplémentaire auprès de ses collègues en raison des ses avertissements constants envers M. Poutine dans le passé.

Des experts en politique étrangère laissent aussi entendre que la forte communauté ukrainienne au Canada apporte une certaine crédibilité à M. Harper dans ce dossier, parmi les chefs du G7. À la fin de sa rencontre avec son homologue ukrainien, il a d'ailleurs lui-même souligné que le Canada abritait environ un million de citoyens d'origine ukrainienne, ce qui constitue la troisième au monde.

Plus tôt samedi, la Russie a consenti à ce que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont elle fait partie, envoie une mission d'observation en Ukraine.

Avec des informations d'Alexandra Szacka

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