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Géorgie : l'ex-président Saakachvili convoqué par le parquet pour un interrogatoire

22/03/2014 10:46 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

Le parquet de Géorgie a annoncé samedi avoir envoyé une convocation à l'ex-président de cette petite république du Caucase, Mikheïl Saakachvili, pour obtenir son témoignage dans une série d'enquêtes criminelles.

"L'ancien président de Géorgie a été convoqué pour être interrogé en tant que témoin dans le cadre d'enquêtes criminelles", a indiqué le parquet dans un communiqué.

L'interrogatoire doit avoir lieu jeudi et est lié à dix affaires dont celle de la mort de l'ancien Premier ministre géorgien Zourab Jvania, retrouvé asphyxié à son domicile par du monoxyde de carbone en 2005, précise le communiqué. Parmi les autres enquêtes figurent en particulier un détournement de fonds publics par les services de sécurité et la saisie illégale de biens.

Mikheïl Saakachvili réside aujourd'hui aux Etats-Unis, après avoir quitté la Géorgie.

Ce réformateur pro-occidental arrivé en 2003 au pouvoir avec la révolution de la Rose, a dirigé cette ex-république soviétique pendant une décennie et a quitté son poste en novembre. Il a été remplacé par un allié du milliardaire Bidzina Ivanichvili, son ennemi juré dont le parti avait remporté les législatives en 2012.

Ses partisans ont dénoncé cette convocation et estimé qu'elle avait notamment pour but de le faire taire, alors qu'il a récemment apporté son soutien aux manifestants ukrainiens qui ont destitué le président Viktor Ianoukovitch.

"Ces événements sont directement liés aux activités du président, en particulier en ce qui concerne l'Ukraine, et le but est d'y mettre fin pour ne pas nuire à (Vladimir) Poutine", a déclaré Guiorgui Vachadze, un député du parti de M. Saakachvili, à la télévision.

Le Premier ministre géorgien Irakli Garibachvili a pour sa part jugé que des questions légitimes se posaient sur le mandat qu'a exercé M. Saakachvili à la tête de l'Etat et averti que le parquet pourrait émettre un avis de recherche s'il ne se présentait pas à la convocation.

"A mon avis, il a intérêt à venir s'il lui reste un peu de bon sens", a-t-il dit à un journal local.

Des dizaines d'alliés de M. Saakachvili ont été visés par des enquêtes pour corruption et abus de pouvoir depuis sa défaite aux législatives de 2012 et l'arrivée de la coalition de M. Ivanichvili au pouvoir.

En février, Vano Merabichvili, un ex-Premier ministre de M. Saakachvili, a été condamné à cinq ans et demi de prison pour fraude, une affaire dénoncée comme une persécution politique par ses partisans.

Plusieurs dirigeants occidentaux ont exprimé leurs inquiétudes sur la multiplication des affaires, mais le nouveau pouvoir a nié à plusieurs reprises toute poursuite pour raisons politiques.

Mikheïl Saakachvili, un avocat formé aux Etats-Unis et en France, est crédité d'avoir fait reculer la corruption en réformant profondément les forces de l'ordre et l'appareil d'Etat. Mais il a entraîné en 2008 son pays dans une guerre désastreuse avec la Russie et a été accusé d'avoir eu des tendances autoritaires.

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