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Démission d'Alison Redford: le sexisme a-t-il joué un rôle dans cette affaire?

22/03/2014 01:49 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

La démission de la première première ministre albertaine cette semaine, sous le coup de l'opprobre publique et de la pression au sein de son parti, a relancé un vieux débat: le sexisme a-t-il joué un rôle dans sa chute?

La Presse Canadienne a contacté plus d'une dizaine de politiciens encore en poste ou ayant quitté la vie publique pour recueillir leurs avis. Certains n'ont pas répondu, tandis que d'autres n'ont pas voulu se mouiller dans ce débat.

Selon l'ancienne députée fédérale libérale d'une circonscription d'Edmonton Anne McLellan, s'il s'agit d'un dossier complexe, elle se dit certaine qu'Alison Redford a été traitée différemment en raison de son sexe.

La première ministre progressiste-conservatrice a commis des erreurs, dit Mme McLellan, mais son caucus et les électeurs — à la fois hommes et femmes — avaient des attentes injustes en tant que leader féminine. Pour elle, il existe une norme pour les hommes que les femmes ne peuvent tenter d'adopter, puisque cela a un impact négatif sur leur image.

Afin d'illustrer ses propos, l'ex-députée a rappelé l'exemple du député provincial d'une circonscription de Calgary, Len Webber, le premier des deux membres du caucus conservateur ayant quitté le parti dans les jours précédant la démission de Mme Redford. M. Webber a expliqué qu'il ne pouvait pas travailler pour une personne qui était «tyrannique» et «qui n'était pas une gentille dame».

Mme McLellan, qui a été la vice-première ministre de Paul Martin, soutient que durant son passage à Ottawa, elle n'a pas non plus toujours été une «gentille dame».

«Si les gens suggèrent qu'au cours de mes 12 années de vie publique comme ministre fédérale, je n'ai jamais juré, je n'ai jamais claqué une porte, je n'ai jamais parlé durement à un employé, c'est de la folie. Vous êtes dans une situation très stressante et très à l'avant-scène, et puis vous répondez à ce stress. C'est normal.»

Aux yeux de Martha Hall Finlay, une ancienne députée libérale fédérale, Mme Redford est une «pionnière». Pour elle, la première ministre sortante a aidé à confirmer le fait qu'une femme pouvait et devrait être première ministre.

«Je suis désolée que ça n'ait pas mieux fonctionné, a-t-elle écrit par courriel. Les défis politiques qu'elle a affrontés n'avaient rien à voir avec le genre, mais faisaient partie des méandres de la politique.»

Au plus fort de la représentation féminine en politique, six femmes dirigeaient des provinces ou des territoires. Il n'en reste désormais plus que trois: Christy Clark en Colombie-Britannique, Kathleen Wynne en Ontario et Pauline Marois au Québec.

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