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40 ans après le meurtre par l'IRA d'une mère de famille, un homme devant la justice

22/03/2014 10:07 EDT | Actualisé 22/05/2014 05:12 EDT

Un septuagénaire soupçonné d'être un ancien responsable de l'IRA (Armée républicaine irlandaise) a comparu samedi devant un juge de Belfast après avoir été inculpé pour complicité dans le meurtre de Jean McConville, enlevée et tuée par l'IRA fin 1972.

Ivor Bell, 77 ans, s'est vu refuser une remise en liberté sous caution, après le témoignage d'un officier de police affirmant qu'il y avait un risque important de fuite en cas de libération.

Le retraité, arrêté mardi à son domicile dans l'ouest de Belfast, dans la province britannique d'Irlande du Nord, est accusé de complicité dans l'assassinat en décembre 1972 de cette mère de 10 enfants du quartier catholique des Falls, dans l'ouest de Belfast.

Agée de 37 ans au moment des faits, Jean McConville avait été enlevée en 1972 par 12 hommes de l'IRA. Accusée d'être une informatrice de l'armée britannique, elle avait été ensuite abattue. Sa dépouille a été retrouvée plus de 30 ans après sa disparition, en août 2003 sur une plage de Carlingford (Irlande).

Son seul tort en réalité était d'avoir porté secours à un soldat britannique blessé dans un attentat de l'IRA, devant le lotissement de Divis flats, bastion de l'organisation clandestine irlandaise. L'IRA a refusé de reconnaître son assassinat jusqu'en 1999.

Ivor Bell a participé avec Gerry Adams, leader nationaliste irlandais et figure du processus de paix en Irlande du Nord, et Martin McGuinness, actuel vice-Premier ministre d'Irlande du Nord, à une délégation qui a mené des discussions secrètes avec le gouvernement britannique à Londres en 1972.

Lors de l'audience samedi, la police a expliqué avoir arrêté le retraité sur la base d'une interview qu'il avait donnée à des chercheurs de l'université américaine Boston College. Les cassettes de cette interview, qui ne devaient à l'origine être rendues publiques qu'après la mort des personnes interviewées, ont été remises à la police nord-irlandaise sur décision d'un tribunal américain.

Une ancienne militante de l'IRA, Dolours Price, qui avait posé une bombe contre le tribunal d'Old Bailey à Londres en 1973 et avait passé sept ans en prison, avait également accordé une série d'entretiens au Boston College.

Elle avait alors accusé Gerry Adams d'avoir ordonné le meurtre de Jean McConville. Des accusations que le président du Sinn Fein a toujours nié.

Jean McConville était l'une des "Disparus", ces personnes enlevées, tuées et dont les corps avaient été cachés par l'IRA. Une commission indépendante pour la localisation des restes des victimes a été créée en 1999. Elle a répertorié 16 "Disparus". Les corps de sept d'entre eux demeurent introuvables.

mc/abk

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