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Une photo de la juge France Charbonneau est retirée d'une annonce du PQ

21/03/2014 12:15 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une photo de la juge dirigeant l'enquête sur la corruption au Québec a été retirée par le Parti québécois quelques heures après qu'elle eut été utilisée dans une publicité visant à attaquer le Parti libéral.

La photo de la juge France Charbonneau, qui a insisté sur le fait que la Commission Charbonneau doit rester neutre pendant la campagne électorale en cours, était évidente dans la publicité dévoilée le même jour où les quatre leaders politiques de la province devaient prendre part à leur premier débat télévisé, jeudi soir.

La publicité sur le compte Twitter du Parti québécois cible le Parti libéral et indique le nombre de fois où un certain nombre de députés libéraux ont voté contre la tenue d'une commission d'enquête publique à l'Assemblée nationale.

«Rien n'a changé au Parti libéral», titre l'annonce, qui réunit des photos de 36 députés libéraux. La publicité met aussi en valeur le chiffre 358 qui, selon le Parti québécois, représente le nombre de fois où ces députés ont voté, au total, contre la tenue d'une enquête publique.

Pendant plusieurs heures, la publicité incluait une photo de Mme Charbonneau, la juge qui dirige la Commission, dont les travaux ont été suspendus, la semaine dernière, jusqu'au mardi 8 avril, lendemain de la date des élections provinciales. Mais tard jeudi, la photo avait été enlevée, bien que le reste de l'annonce était demeuré intact.

Dans un communiqué publié environ une heure après le déclenchement officiel de la campagne, le 5 mars, les commissaires avaient dit avoir unanimement convenu qu'il n'était pas opportun de tenir des audiences publiques relativement aux prochains volets de leurs travaux pendant la période électorale.

La Commission «étant totalement apolitique et indépendante, nous ne voulons pas risquer que ses audiences soient entraînées dans l'arène politique, avaient expliqué les commissaires dans le communiqué.

«Les élections sont les assises de la démocratie, et la commission ne voudrait pas influencer d'une façon ou d'une autre l'électorat», avaient-ils également estimé.

D'ici les vacances estivales, la commission doit s'attaquer à deux importants volets de son mandat, soit l'octroi et la gestion des contrats publics par le ministère des Transports du Québec ainsi que le financement politique des partis provinciaux.

Richard Bourdon, porte-parole de la Commission d'enquête, a répété jeudi que celle-ci veut demeurer loin de l'arène politique, mais n'a pas été en mesure de dire si Mme Charbonneau avait fait part de ses objections face à l'annonce, ou si la Commission allait demander une rétractation.

La publicité péquiste coïncidait, par ailleurs, avec la décision du Parti québécois d'attaquer le Parti libéral en matière d'intégrité. Le PQ a perdu des points dans les récents sondages, et la question de l'intégrité avait joué un rôle clé dans sa victoire du 4 septembre 2012.

Lors d'une conférence de presse qui promettait de «parler des vraies affaires libérales», le président sortant du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, a surtout rappelé que le gouvernement de Jean Charest avait plusieurs fois refusé la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction avant de céder à la pression populaire.

Après avoir vanté le bilan de son gouvernement en matière d'intégrité, M. Bédard est même allé jusqu'à mettre en doute la volonté d'un éventuel gouvernement libéral de maintenir des normes élevées en telle matière.

La Commission Charbonneau doit produire un rapport final d'ici avril 2015.

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