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Twitter bloqué en Turquie: pas à l'Etat de décider comment les citoyens communiquent (Berlin)

21/03/2014 05:31 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement allemand a critiqué vendredi la décision turque de bloquer l'accès à Twitter dans le pays, en jugeant, dans un message posté justement sur ce réseau social, que ce n'était pas à l'Etat de décider comment les citoyens communiquent.

"Dans une société libre, le choix des moyens utilisés pour communiquer appartient aux citoyens, pas à l'Etat. #Turquie", a écrit le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, sur son compte Twitter.

Un peu plus tard, lors d'une conférence de presse gouvernementale régulière, la porte-parole adjointe du gouvernement, Christiane Wirtz, a refusé d'employer le mot de censure à ce propos.

Elle a rappelé que l'Allemagne "s'engage en faveur de la liberté d'expression" et que Berlin considère "ce genre de mesures, qui entravent ou bloquent les moyens de communication modernes, comme négatives".

Le responsable des droits de l'Homme du gouvernement allemand, Christoph Strässer, a estimé de son côté: "en bloquant Twitter, la Turquie a franchi une frontière qui devrait être une ligne rouge pour un candidat à l'adhésion de l'UE".

"Il est inacceptable et intolérable de limiter de cette manière la liberté de la presse et d'expression", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a de son côté rappelé: "ce n'est pas nouveau que nous observons des lacunes en termes de liberté de la presse en Turquie". Il a toutefois assuré que le sujet sera abordé lors des discussions avec le gouvernement Erdogan et que l'opinion allemande sera clairement exprimée.

Les autorités turques des télécommunications (TIB) ont annoncé tard jeudi soir avoir bloqué l'accès à Twitter sur ordre de la justice, après la menace lancée par M. Erdogan d'interdire le réseau social en représailles à la publication d'enregistrements d'écoutes téléphoniques le mettant en cause dans un scandale de corruption.

De nombreux internautes ont toutefois pu rapidement contourner cette interdiction en passant par d'autres serveurs proxy et des réseaux VPN notamment.

Au début du mois, M. Erdogan avait déjà menacé d'interdire YouTube et Facebook après la diffusion des premiers enregistrements téléphoniques le mettant en cause dans le scandale de corruption qui fait vaciller depuis trois mois le sommet de l'Etat turc.

L'interdiction décrétée jeudi soir intervient en outre à une semaine des élections municipales, qui prendront des allures de référendum pour ou contre M. Erdogan.

hap-clp/abk

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