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Legault est associé à l'extrême-droite par une coalition de syndicats

21/03/2014 03:19 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le chef caquiste François Legault a été associé à l'extrême-droite par une coalition de syndicats vendredi.

Les syndicats ont ainsi condamné la position sur les régimes de retraite qu'il venait de faire valoir devant des élus municipaux.

À l'instar des autres chefs de parti, François Legault a livré, vendredi, une allocution au congrès de l'Union des municipalités du Québec. Il a rappelé la position de la CAQ, qui veut accorder aux municipalités le pouvoir de décréter après un an de négociations afin de régler les déficits des caisses de retraite des employés municipaux.

Après les discours des trois chefs de parti, le porte-parole de la coalition de syndicats, Marc Ranger, a été virulent.

«C'est une position d'extrême-droite, a dit en point de presse celui qui est aussi directeur adjoint au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Au Québec, on a un droit fondamental qui est reconnu, c'est le droit à la négociation. M. Legault est en train de le nier.»

François Legault n'a pas du tout aimé être comparé à l'extrême-droite et a réagi en début de soirée. Il a évoqué son passé de patron à Air Transat et ses négociations harmonieuses avec les syndicats.

«Je pense que c'est carrément exagéré, a-t-il dit en point de presse près de Québec, à L'Ancienne-Lorette. C'est le Redbull Crashed Ice (une compétition sportive à Québec), je pense qu'il (M. Ranger) a bu trop de Redbull (une boisson énergisante).»

Il estime qu'il n'y a qu'une alternative: ou on négocie avec les syndicats, ou les contribuables devront encore payer. Et il a choisi son parti: les contribuables.

La position caquiste va plus loin que celle préconisée notamment par le gouvernement Marois, qui avait déposé un projet de loi qui est mort au feuilleton avec la dissolution de la Chambre. Le projet de loi 79, que le Parti québécois veut redéposer s'il est réélu, prévoit l'intervention d'un conciliateur, après six mois de négociations infructueuses, et le recours à la Commission des relations de travail pour trancher si le litige perdure après une autre période de six mois.

«Il faut rétablir le rapport de forces dans les municipalités entre l'administration et les syndicats, a déclaré M. Legault dans son discours aux élus municipaux. La Coalition avenir Québec est le seul parti qui a le courage de vous donner ce pouvoir.»

Pour soutenir son argumentation, le chef caquiste a rappelé que le gouvernement du Québec détient lui-même ce pouvoir de décréter les conditions de travail de ses employés.

Le président de l'UMQ, Éric Forest, a aussi soutenu en point de presse que le rapport de forces était inéquitable entre les municipalités et les syndicats, mais a laissé entendre qu'il n'y avait pas de consensus dans ses rangs sur le droit de décréter des conditions de travail après un an de négociations.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, estime aussi qu'il faut ramener «un certain rapport de forces» entre les deux parties. Dans un point de presse, il a dit prôner la négociation, tout en manifestant une certaine ouverture à un pouvoir de décréter. Mais il a ajouté que cela devait se discuter en commission parlementaire à l'étude d'un éventuel projet de loi qui serait redéposé sur cet enjeu.

Pour sa part, le maire de Québec, Régis Labeaume, ne s'en est pas caché: il est favorable à l'idée d'accorder aux municipalités le pouvoir de décréter un règlement pour résorber les déficits des caisses de retraite des employés municipaux.

M. Legault a aussi dit que les employés municipaux étaient trop payés.

Le déficit total des caisses de retraite municipales avoisine les 5 milliards $. À Montréal seulement, le manque à gagner est de 2,5 milliards $.

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