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Le premier ministre de l'Ukraine signe un accord avec l'Union européenne

21/03/2014 06:06 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

MOSCOU - Le président russe Vladimir Poutine a complété l'annexion de la Crimée, vendredi, en signant un document qui incorpore la péninsule de la mer Noire à la Russie.

M. Poutine a apposé sa signature au bas de la page presque au même moment où le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk rapprochait son pays de l'orbite de l'Europe en signant un accord d'association politique avec l'Union européenne lors d'un sommet de ses dirigeants.

M. Poutine a dit ne pas ressentir le besoin de répliquer davantage aux sanctions américaines. Ce nouveau ton plus conciliant vise possiblement à freiner une des pires crises à ébranler les relations entre la Russie et l'Occident depuis la fin de la guerre froide.

Le président russe a salué le retour de la Crimée au sein de la Russie comme étant un «événement remarquable». avant d'entériner les lois au Kremlin vendredi. Il a ordonné la tenue de feux d'artifice à Moscou et en Crimée.

Pratiquement au même moment, lors d'une cérémonie à Bruxelles, le nouveau premier ministre ukrainien a rapproché son pays de l'Europe en ratifiant une entente d'association politique avec l'Union européenne — la même entente que celle à laquelle a tourné le dos le président ukrainien Viktor Ianoukovitch l'automne dernier, menant à sa chute éventuelle.

L'Ukraine vacille au bord de la faillite, sous le poids d'une dette de plusieurs milliards de dollars, et les États-Unis et l'UE ont promis de lui consentir une aide rapide. L'Ukraine doit notamment 2 milliards $ US à la Russie pour des achats de gaz naturel, et Moscou pourrait réclamer à Kiev le remboursement de rabais de 11 milliards $ US consentis sur le gaz naturel en retour de la présence de la flotte de la mer Noire en Crimée.

La Russie a rapidement annoncé l'annexion de la Crimée après le référendum de dimanche dernier. L'Ukraine et l'Occident estiment que ce vote, organisé deux semaines après que des forces russes se soient emparées de la Crimée, était illégal.

La situation demeurait incertaine sur le terrain. Certains soldats ukrainiens étaient toujours retranchés dans des casernes assiégées par les forces russes, en attendant les instructions de leurs dirigeants. Moscou affirme que plusieurs d'entre eux ont accepté de rejoindre les rangs de l'armée russe.

La Russie et l'Occident se sont échangés des sanctions, jeudi. Le président américain Barack Obama a tout d'abord annoncé des mesures qui ciblent notamment le chef de cabinet du président Poutine. Dix-neuf autres personnes et la banque qui les appuie, Bank Rossiya, sont aussi touchées.

Les leaders de l'Union européenne (UE) ont quant à eux annoncé qu'ils appliqueraient le gel des actifs et l'interdiction de voyager à d'autres ressortissants russes, se rapprochant de plus en plus de l'entourage du président Poutine. Certains de ces individus, dont le vice premier ministre Dimitri Rogozine, étaient déjà sous le coup de sanctions américaines. Les sanctions européenne touchent aussi des officiers militaires, dont deux commandants de la flotte de la mer Noire, mais demeurent moins sévères que les mesures américaines.

«(L'annexion de la Crimée) est une entorse flagrante au droit international et quelque chose que nous ne reconnaîtrons pas, a lancé le premier ministre britannique David Cameron, après le sommet. Ce comportement est digne de l'Europe du siècle dernier, pas de celui-ci. On ne peut l'ignorer sans risquer des problèmes plus graves à l'avenir.»

L'UE a ébauché de nouvelles sanctions, en cas de détérioration de la situation, et a décidé d'accélérer des ententes avec le Géorgie et la Moldavie, deux anciennes républiques soviétiques.

La Russie a répliqué en imposant des interdictions de séjour à plusieurs parlementaires américains et à des responsables de la Maison-Blanche, dont le leader de la majorité au Sénat, Harry Reid, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, et le sénateur John McCain.

«L'impact économique des sanctions est déjà visible — à la Bourse, la valeur du rouble, le climat d'investissement», a déclaré le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy.

Visa et Mastercard ont aussi suspendu leurs liens avec deux banques russes.

M. Poutine a néamoins tenté vendredi de minimiser l'effet de ces sanctions sur la Russie, lors de remarques télévisées. Il a notamment annoncé son intention d'ouvrir un compte chez Bank Rossiya, qui compte des actifs d'environ 17 milliards $ US et entretient des liens avec de multiples institutions américaines, européennes et autres.

Le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov a dit que la Russie accueillerait favorablement l'envoi d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dans les régions russophones de l'est de l'Ukraine, pour autant que leur nombre et leur emplacement soient clairement annoncés. Il a toutefois prévenu qu'ils n'auront pas accès à la Crimée.

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