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La Turquie tente de bloquer l'accès à Twitter

21/03/2014 01:11 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

ANKARA, Turquie - La tentative de la Turquie de bloquer l'accès à Twitter s'est retournée contre le gouvernement, vendredi, quand les internautes ont réussi à contourner l'interdit et que le premier ministre s'est retrouvé soupçonné d'avoir voulu étouffer les allégations de corruption dont il fait l'objet.

L'agence turque des télécommunications a confirmé, vendredi, avoir bloqué l'accès à Twitter, quelques heures après que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan ait menacé de «déraciner» le site.

La Turquie s'est attaquée à YouTube dans le passé, mais c'est la première fois qu'elle s'en prend à Twitter. Le réseau social est extrêmement populaire auprès des Turcs et a notamment servi à organiser des manifestations antigouvernementales l'an dernier.

En milieu de journée vendredi, les internautes continuaient à s'échanger des milliers de gazouillis expliquant comment contourner l'interdiction gouvernementale. Un internaute a remplacé des affiches électorales en ligne par des instructions pour éviter la censure.

Les internautes ont aussi continué à s'échanger des liens qui permettent d'entendre une conversation pendant laquelle un homme qui pourrait être M. Erdogan demande à son fils de se débarrasser des importantes sommes d'argent qu'il cache chez lui, en raison d'une enquête anticorruption lancée par la police.

Une représentante de Human Rights Watch a déclaré que M. Erdogan démontre qu'il est prêt à tout pour bloquer la circulation d'informations qui lui sont nuisibles. La vice-présidente de la Commission européenne, Neelie Krose, a quant à elle estimé que la mesure turque est «sans fondement, inutile et sans courage». La Turquie aspire à joindre l'Union européenne.

Le ministre turc des Transports, Lutfi Elvan, a défendu la décision du gouvernement qui, selon lui, ne faisait que se plier à la décision des tribunaux.

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