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Guerre ouverte en France à deux jours des municipales

21/03/2014 05:10 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

A deux jours des municipales, la droite et la gauche sont désormais en guerre ouverte en France, l'ancien président Nicolas Sarkozy comparant le pays à une dictature, accusation jugée "insupportable" par son successeur François Hollande.

Méthodes de la Stasi (ex-police politique de l'Allemagne de l'Est), "absence de scrupules sans précédent": l'ex-président de droite (2007-2012) a dénoncé dans une tribune d'une page et demie, publiée vendredi dans le journal Le Figaro, sa mise sur écoutes pendant huit mois qui s'est soldée par l'ouverture d'une enquête pour trafic d'influence et violation du secret professionnel.

"Toute comparaison avec des dictatures est forcément insupportable", a aussitôt réagi le président socialiste François Hollande, qui s'était abstenu jusqu'à présent de commenter les ennuis judiciaires de son prédécesseur.

Sa ministre de la Justice Christiane Taubira, comme son ministre de l'Intérieur Manuel Valls, ont aussi vivement réagi, tout comme le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Nicolas Sarkozy est "pris par une forme de rage (et) veut tout détruire", a dit vendredi Manuel Valls à la radio privée Europe 1.

La sortie de sa réserve de l'ancien président de droite était abondamment commentée dans les médias vendredi. "Nicolas Sarkozy dézingue à tout-va", titrait le quotidien de gauche Libération.

"A l'instar de ces prédécesseurs, François Mitterrand et Jacques Chirac, qui n'ont jamais hésité à sortir les grands mots ou les gros mensonges lorsque leur survie politique était en jeu, Nicolas Sarkozy cherche à marquer les esprits en prenant les Français à témoin", écrivait ce journal.

Le Parisien, quotidien populaire, évoquait un ancien président qui "lâche ses coups". Pour ce journal, "malgré les insinuations dont il est la cible dans la tribune de son ex-adversaire de la présidentielle 2012, François Hollande a préféré hier soir ne pas entrer dans un corps-à-corps". "Pour l'instant...".

L'ancien chef d'Etat, qui continue d'entretenir le flou sur son avenir, ne s'était pas exprimé aussi longuement sur sa situation depuis l'été 2012, même si ses sorties régulières alimentent la chronique de son retour en politique.

"Les juges entendent les discussions que j'ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L'ensemble fait l'objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires!", souligne-t-il dans sa tribune.

Les juges cherchent à déterminer si Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog n'ont pas cherché à influencer, dans un dossier où l'ex-président est cité, une décision de la Cour de cassation, la plus haute instance judiciaire en France, via un magistrat, Gilbert Azibert.

Thierry Herzog a annoncé jeudi qu'il allait porter plainte pour violation du secret de l'instruction.

Pour Nicolas Sarkozy, le seul "crime" de son avocat est "d'avoir été l'ami depuis trente ans" de Gilbert Azibert "à qui il a demandé des avis sur la meilleure stratégie de défense pour son client", à savoir lui-même. "Cette fois, fini de rire, car c'est à pleurer d'indignation", ajoute-t-il.

"Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film +La Vie des autres+ sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. (...) Il s'agit de la France", a écrit aussi l'ex-chef de l'État. "Suis-je en droit de m'interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations?", demande-t-il.

"Laisser penser que notre pays, notre République, puisse ne pas être fondé sur les libertés c'est introduire un doute qui n'a pas sa place et toute comparaison avec des dictatures est forcément insupportable", a répliqué M. Hollande depuis Bruxelles, où il assiste au sommet européen.

En revanche, pour le président du principal parti opposition UMP (droite), Jean-François Copé, le texte de M. Sarkozy est une "réponse courageuse" et "indispensable aux accusations incessantes".

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