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Deux Canadiennes ont été tués lors d'une attaque à Kaboul

21/03/2014 07:44 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

KABOUL - L'identité des deux Canadiennes tuées jeudi en Afghanistan lorsque quatre hommes armés ont ouvert le feu dans un hôtel de Kaboul est maintenant connue — et il s'agit de deux travailleuses humanitaires.

Zeenab Kassam, âgée de 37 ans, de Calgary, était bénévole en Afghanistan depuis un an et demi. Elle y enseignait l'anglais dans une école construite par la fondation Aga Khan.

L'autre victime canadienne est Roshan Thomas, de Vancouver, une optométriste née en Ouganda, a indiqué vendredi son fils Karim. Elle se trouvait en Afghanistan, un pays qu'elle fréquente depuis onze ans, pour sélectionner des jeunes dans le cadre d'un programme international de bourses d'études.

Une vieille amie, la sénatrice Mobina Jaffer, l'a décrite comme une militante dévouée pour les enfants dans ce pays. Mme Jaffer a affirmé que la Canadienne et sa famille avaient consacré des années de leur vie à apporter leur aide à des enfants afghans.

Roshan Thomas et son mari avaient travaillé à la construction d'une école, a relaté Mme Jaffer, ajoutant que son amie hébergeait aussi fréquemment des jeunes Afghanes à Vancouver.

Roshan Thomas est morte alors qu'elle s'apprêtait à accueillir dans quelques mois son premier petit-enfant, a confié Mme Jaffer. Elle laisse dans le deuil son mari et trois enfants d'âge adulte.

«Elle était l'une des personnes les plus généreuses que je connais, a soutenu Mme Jaffer dans un entretien téléphonique depuis Vancouver. Je l'avais vue il y a quelques semaines. Elle accomplissait un si beau travail.»

Les deux femmes figurent parmi les neuf personnes tuées à l'hôtel Serena, dont un journaliste travaillant pour l'Agence France-Presse (AFP), sa femme et deux de leurs enfants.

Les autorités afghanes ont précisé vendredi que l'attentat avait été mené par des hommes armés qui sont entrés dans le restaurant de l'hôtel. Les assaillants ont utilisé des armes de poing pour abattre les clients d'une balle dans la tête.

Kaboul est fréquemment le théâtre d'incidents violents, mais les autorités ont paru s'étonner que les militants talibans aient réussi à déjouer la sécurité serrée de l'hôtel Serena, qui est considéré comme l'un des endroits les plus sécuritaires de la capitale.

Le journaliste Sardar Ahmad, sa femme et deux de leurs enfants ont été tués, selon ce qu'a confirmé l'AFP. L'agence de presse française ajoute que le fils cadet de cette famille a été grièvement blessé dans la fusillade.

Le restaurant était plein à craquer au moment de l'attentat. En plus des étrangers séjournant à l'hôtel, des Afghans y célébraient la veille du Nouvel An persan.

Le ministre afghan de l'Intérieur, Sediq Sediqqi, a affirmé que les victimes étrangères étaient originaires du Canada, du Pakistan, de l'Inde et de la Nouvelle-Zélande, mais le Canada est le seul à avoir confirmé la présence de ses ressortissants.

Les assaillants ont apparemment pu contourner les mesures de sécurité en camouflant des armes et des munitions de petites dimensions dans leurs chaussures et leurs chaussettes. Ils ont tous été abattus par la police.

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird, a condamné cette attaque, tout en ajoutant qu'elle ne dissuaderait pas les Canadiens de combattre le terrorisme dans ce pays. Il a décrit les deux victimes canadiennes comme des travailleurs humanitaires qui n'étaient pas officiellement à l'emploi du gouvernement fédéral.

«Nombre de ces personnes ont consacré leur vie à aider les Afghans à se donner un meilleur pays, notamment sur le plan de l'éducation, et dans l'amélioration du rôle des filles et des femmes dans la société afghane. Que ce travail désintéressé fasse l'objet de violences, particulièrement à l'occasion de (la veille du Nouvel An persan), démontre encore davantage la perversion des talibans et de ceux qui les soutiennent», a fait valoir le ministre.

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