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«Confusion organisée», dit Couillard à propos des déclarations péquistes

21/03/2014 02:56 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le chef libéral Philippe Couillard a observé une «confusion organisée» dans les rangs péquistes, vendredi, à propos de l'éventualité d'un référendum sur l'indépendance du Québec.

M. Couillard a relevé que la candidate péquiste Linda Goupil ne veut pas de référendum dans un prochain mandat d'un éventuel gouvernement du Parti québécois, alors que sa chef Pauline Marois garde la porte ouverte.

«On est dans une confusion organisée pour essayer encore de cacher le scénario référendaire», a-t-il dit lors d'un point de presse.

Lors d'entrevues radio accordées vendredi, Mme Goupil, qui se présente dans la circonscription rurale de Bellechasse, à l'est de Québec, a soutenu qu'il faut d'abord «faire du ménage» dans les finances publiques et l'appareil de l'État afin de redonner confiance aux Québécois envers leur gouvernement.

Mme Goupil, qui se dit souverainiste, a déclaré qu'elle n'aurait pas été candidate à l'élection si elle avait su qu'un référendum serait organisé dans le prochain mandat car ses électeurs ne veulent pas de cette consultation.

«Je ne serais pas candidate parce que le rôle d'un élu c'est de représenter le peuple de son coin de pays», a-t-elle dit.

Après une allocution dans un congrès d'élus municipaux, M. Couillard a opposé les propos de Mme Goupil à ceux de Mme Marois, du ministre Jean-François Lisée et de l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau, candidat dans la circonscription de Saint-Jérôme.

«Je mets toutes ces déclarations ensemble, Mme Marois au débat qui est incapable de dire qu'il n'y aura pas de référendum, M. Lisée, encore lui, qui revient hier qui dit dans le fond ça en prend un, peut-être pas la première année mais on va s'arranger pour qu'il y en ait un après, Mme Goupil qui dit qu'elle ne serait pas venue en politique si elle avait su qu'il allait y avoir un référendum, alors que M. Péladeau, lui, disait qu'il ne serait pas venu en politique s'il n'allait pas y avoir un référendum. Alors c'est la confusion totale», a dit le chef libéral.

À Montréal, en soirée, devant environ 600 militants, M. Couillard a soutenu que l'apparente confusion, dans le discours péquiste, vise à écarter l'éventualité d'un référendum dans l'esprit des électeurs.

«Le double discours, la confusion, c'est leur discours, a-t-il dit. Le piège de la cage à homards, ils l'ont fait pour nous autres, les Québécois. Ben c'est eux autres qui ont embarqué dans la cage à homards, c'est sur eux que la porte s'est refermée et on a perdu la clef.»

S'adressant à son adversaire péquiste, M. Couillard l'a mise en garde contre la tentation de faire un référendum.

«Les Québécois n'embarqueront pas là-dedans, a-t-il dit. Ils n'en veulent pas, de référendum. Ils n'en veulent pas non plus, de séparation, Mme Marois. On a notre patrie, notre patrie c'est le Québec, elle appartient à tous les Québécois, on a notre pays c'est le Canada, on veut tout. Vous ne nous enlèverez rien.»

Avant de quitter Québec, M. Couillard avait servi une leçon de calcul à M. Péladeau, qui a critiqué vendredi la gestion des libéraux en faisant valoir qu'appliquée au conglomérat Québecor, dont il est actionnaire de contrôle, elle aurait causé la faillite de l'entreprise.

Selon le chef libéral, l'homme d'affaires illustre étrangement ses compétences en gestion en faisant la promotion de l'indépendance.

«Si son entreprise avait été gérée comme le Parti québécois gère l'économie, la faillite serait également présente chez Québecor, a-t-il dit. De toutes façons, je ne comprends pas que quelqu'un qui s'estime compétent en économie recommande la séparation du Québec du Canada et la disparition de 9 milliards $ de péréquation. Ça me semble un calcul assez simple qu'on pourrait lui adresser.»

À un sommet organisé par l'Union des municipalités du Québec (UMQ), M. Couillard a promis plus d'autonomie aux élus municipaux, notamment ceux de Montréal et Québec.

«Ça prend une relation législative complètement renouvelée, entre le gouvernement du Québec et les municipalités», a-t-il dit.

Selon le chef libéral, les municipalités doivent avoir plus de liberté dans leurs champs de compétence et cesser de demander des autorisations au gouvernement québécois pour agir.

«Il est temps de nous sortir enfin de cette vieille relation créature-créateur entre le gouvernement du Québec et les municipalités, a-t-il dit. Ça nous amène dans une discussion beaucoup plus agréable et beaucoup plus porteuse sur les ordres de gouvernement.»

M. Couillard a donné l'exemple de la relation entre les ordres fédéral et provincial pour illustrer sa pensée.

«Le premier ministre du Canada, c'est un collègue, un collaborateur du premier ministre du Québec, il n'y a pas de relation hiérarchique entre eux, a-t-il dit. De la même façon, il n'est pas logique que la même chose ne se produise pas également entre le premier ministre du Québec et les maires de municipalités.»

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