NOUVELLES

Centrafrique: des soldats tirent pour faire cesser les violences antimusulmans

21/03/2014 04:15 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - Les soldats de maintien de la paix en République centrafricaine ont ouvert le feu sur une foule vendredi pour faire cesser les violences visant les musulmans, blessant six personnes, dont quatre adolescents, ont déclaré des témoins et des responsables.

L'incident a commencé quand un homme musulman a tenté d'effectuer une transaction dans une banque, avant d'être attaqué par une foule en colère.

Un responsable de la banque, qui a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à s'adresser aux médias, a affirmé que l'homme tentait de transférer de l'argent vers le Cameroun voisin, où des centaines de milliers de Centrafricains ont trouvé refuge depuis un an.

Les soldats burundais de maintien de la paix ont répliqué pour mettre fin à l'attaque, ont déclaré des témoins.

Un journaliste de l'Associated Press a vu l'un des blessés, Frédéric Tadje, 19 ans, à l'hôpital. Sa mère, Thérèse Feikouma, a expliqué que son fils vendait des cartes de téléphone près du lieu où les violences sont survenues.

«Nous avons été avertis par ceux qui ont trouvé mon fils inconscient», a-t-elle expliqué. «Ils ont pris son téléphone pour nous appeler et nous ont dit qu'il était à l'hôpital et qu'il avait été touché par des tirs.»

La République centrafricaine a plongé dans le chaos il y a un an, quand une coalition de rebelles majoritairement musulmans a renversé le président et commis des atrocités à grande échelle. Depuis que le chef des rebelles, Michel Djotodia, a quitté le pouvoir sous la pression internationale, en janvier, la minorité musulmane du pays a été visée par des actes de représailles.

Jeudi, la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a prévenu que la haine entre chrétiens et musulmans en Centrafrique avait atteint des «niveaux terrifiants» et que le pays se trouvait dans un état de quasi anarchie, les responsables des violences n'étant pas arrêtés et encore moins traduits en justice.

PLUS:pc