NOUVELLES

Alexandre Bilodeau termine sa carrière en grimpant sur le podium une 48e fois

21/03/2014 06:06 EDT | Actualisé 21/05/2014 05:12 EDT

Alexandre Bilodeau a bouclé la boucle. Un peu plus de huit ans après sa première course en Coupe du monde à Tignes, le Montréalais de 26 ans a disputé sa dernière course à La Plagne, quittant la compétition avec fracas, en remportant sa 19e médaille d'or sur le circuit, devançant son compatriote — et dauphin — Mikaël Kingsbury en finale des bosses en parallèle.

Cette course a en quelque 20 secondes résumé toute la saison de la Coupe du monde: nez à nez, les deux skieurs n'auront finalement été départagés que par quelques points. Si Kingsbury a été le plus rapide — de trois dixièmes de seconde —, Bilodeau aura grappillé quelques points de plus pour ses virages et ses sauts.

«C'est un honneur de lui avoir livré bataille, a dit Bilodeau au sujet de Kingsbury. C'est l'un des plus grands talents de notre sport et j'ai pu lui tenir tête. Finir comme ça avec une victoire, c'est super.»

Bilodeau, seul skieur à avoir défendu avec succès son titre olympique lors des derniers Jeux de Sotchi, est grimpé pour la 48e fois sur le podium en Coupe du monde, un palmarès qui lui permet de devancer Jean-Luc Brassard d'un podium.

«Pour vrai? Je ne le savais pas! Jean-Luc est quelqu'un d'exceptionnel dans notre sport et pour moi, je n'ai jamais vraiment regardé le nombre de podiums que j'ai obtenus... C'est super: les records sont faits pour être battus, mais ce n'est pas un record que je garderai bien longtemps, je pense.»

Très juste: Kinsgbury est déjà grimpé 39 fois sur le podium en carrière et il compte déjà le plus de victoires en Coupe du monde avec 21, une de plus que Brassard.

La journée et la dernière semaine ont été fertiles en émotions pour Bilodeau, qui sentait à chaque jour la fin se rapprocher.

«C'est certain que ça a été une journée remplie d'émotions, a-t-il admis. De finir comme ça, je n'aurais pas pu demander mieux. Ce que je réalise, c'est que je ne pourrai plus jamais être aussi performant en ski: je ne pourrai plus jamais sauter aussi 'gros', je ne pourrai plus jamais être aussi rapide dans les bosses, a-t-il dit en riant. C'est la sensation de pousser la limite de mes capacités à chaque descente qui va me manquer.

«Cette semaine, il y avait de la nostalgie. J'ai skié plus que je ne l'aurais dû. J'ai fait beaucoup plus de descentes que je ne le fais habituellement à l'entraînement, afin d'éviter les blessures et plein d'autres choses. Mais là, j'ai dit à 'Mike' (Michel Hamelin, son entraîneur): 'Regarde, ce sont mes dernières descentes en ski et je veux me pousser. Je vais utiliser tout l'entraînement'. J'ai skié pour le plaisir cette semaine.

«Normalement, une journée d'entraînement en Coupe du monde, je fais peut-être cinq, six descentes. Cette semaine, j'en faisais 10, 12 à chaque jour. Pour en profiter et ressentir ces dernières poussées d'adrénaline.»

S'il aurait aimé remporter le globe de cristal — il ne l'a gagné qu'une fois, en 2009, et a terminé à 11 points de Kingsbury —, son objectif cette saison n'a jamais été autre chose que de défendre son titre olympique.

«Le reste, c'était secondaire, explique-t-il. Toutes les courses avant les Jeux, j'ai pris des risques, même en qualifications en effectuant des doubles vrilles. C'était pour passer des messages. Pour dire que j'étais le seul qui prenait ces risques. Je voulais me positionner en vue des JO. Ça a été une belle partie d'échecs jusqu'aux Jeux. À Sotchi, j'ai livré la performance que je voulais. Après, je profitais du moment, peu importe ce qui allait arriver.»

Bilodeau n'est pas le genre à regarder derrière pour admirer sa carrière.

«Je laisse ça aux autres, ce n'est pas ma job. Je suis très fier de ce que j'ai accompli, mais j'ai toujours été quelqu'un qui, une fois que j'avais réussi quelque chose, je tournais la page et je regardais en avant. Là, je vais prendre des vacances et reprendre mes études (en finances) à temps plein. J'ai bien hâte aux prochains défis qui m'attendent. Autant j'ai eu des grands défis en ski, autant j'ai de grands défis personnels et professionnels devant moi. Ce n'est pas moi qui ferai le résumé de ma carrière.»

On peut le faire pour lui: après 48 podiums dont 19 victoires en Coupe du monde, trois titres mondiaux et deux titres olympiques, on peut affirmer hors de tout doute qu'il quitte à titre de meilleur skieur acrobatique de l'histoire du pays.

PLUS:pc