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Ukraine: l'UE annule le sommet avec la Russie et va accroître ses sanctions

20/03/2014 12:18 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

L'UE a annulé son sommet prévu en juin avec la Russie en réaction au rattachement de la Crimée à la Russie, et va ajouter des noms à la liste des responsables russes sanctionnés, mais sans aller jusqu'à des sanctions économiques.

"Il y a une suspension des relations politiques (...) la réunion UE-Russie ne peut avoir lieu dans ces conditions", a affirmé le président français, François Hollande, à son arrivée au sommet des dirigeants européens à Bruxelles.

"Si la Russie accepte d'ouvrir des discussions", s'il y a "désescalade", "alors il n'y aura pas de passage à d'autres sanctions, à l'inverse s'il y a une montée de revendications illégitimes, des opérations de troupes, des menaces, alors il y aura d'autres sanctions", a-t-il prévenu.

Dans l'immédiat, les dirigeants européens ne doivent décider que de nouvelles "sanctions individuelles", selon M. Hollande, ajoutant que l'UE devait "préparer" des sanctions économiques contre la Russie en cas d'escalade supplémentaire.

Juste avant l'ouverture du sommet européen à Bruxelles, le président Barack Obama a annoncé à Washington des sanctions contre de nouveaux responsables et contre une banque russes, et menacé Moscou de s'en prendre à des "secteurs clé" de son économie.

Jeudi matin, la chancelière allemande Angela Merkel avait indiqué que l'UE allait ajouter des noms à la liste des personnalités russes et ukrainiennes pro-russes frappées d'interdiction de visa et de gel de leurs avoirs.

Les 28 discutent de l'ajout d'une douzaine de personnalités, plus proches du pouvoir russe à la première liste de 21 noms adoptée lundi, selon une source européenne.

La liste des 21 "ne suffit pas" car elle n'inclut "que des responsables de très bas niveau. Il est temps de viser l'entourage proche" du président Vladimir Poutine, a plaidé la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité.

Réunis jusqu'à vendredi à Bruxelles, les dirigeants européens cherchent une riposte crédible au rattachement de la Crimée à la Russie.

Pour marquer leur soutien à Kiev, ils doivent également signer vendredi avec le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk le volet politique de l'accord d'association avec l'UE, refusé en novembre par le précédent régime.

"Nous devons tout faire pour construire une Ukraine forte et démocratique (...) pour lui offrir un véritable soutien politique", a estimé le Premier ministre britannique, David Cameron.

Il a souligné la nécessité pour les 28, divisés sur l'opportunité de sévir économiquement contre Moscou, "de parler d'une seule voix".

Mais "nous devons être extrêmement précautionneux (...) ne pas céder à l'émotion", car l'UE doit à la fois garder des armes en cas d'escalade ultérieure et "veiller aux intérêts" des Européens, a mis en garde son homologue belge, Elio Di Rupo.

Les 28 pourraient confier à la Commission européenne la tâche de préparer d'éventuelles sanctions économiques, mais il faut "une claire analyse politique, économique et militaire" de l'impact de telles mesures, a-t-il insisté.

Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a ainsi souligné que son pays avait 400 entreprises présentes en Russie, "et elles sont inquiètes de ce qui va se passer".

Pour prévenir une escalade "qui serait très dangereuse pour la région, mais aussi pour nous", l'UE doit "aider à un dialogue direct" entre Moscou et Kiev, a dit M. Di Rupo. Il a appelé les présidents du Conseil européen et de la Commission, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, à se "déplacer à Moscou et Kiev".

"Le dialogue doit être la priorité (...) il ne faut pas fermer toutes les portes à la négociation", a déclaré son homologue luxembourgeois, Xavier Bettel.

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