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Tournée européenne pour le président chinois, en pleine crise de Crimée

20/03/2014 04:59 EDT | Actualisé 19/05/2014 05:12 EDT

Le président chinois Xi Jinping entame samedi sa première tournée européenne, à l'heure où le continent connaît sa pire crise depuis la Guerre froide avec l'absorption de la Crimée par la Russie, Pékin affichant une indulgente neutralité à l'égard de Moscou.

Xi Jinping commencera par La Haye où il participera lundi et mardi, après un volet bilatéral, au sommet sur la sécurité nucléaire et rencontrera à cette occasion son homologue américain Barack Obama.

Samedi dernier, Pékin, rejetant la "confrontation", s'est abstenu lors du vote au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le référendum en Crimée, approuvé par tous les autres membres et bloqué par un véto russe. Une position que le président Xi Jinping devra défendre non seulement devant Barack Obama, mais aussi lors de ses échanges prévus notamment avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande lors de sa tournée.

Après les Pays-Bas, Xi Jinping est attendu en France mardi soir pour une visite d'État qui s'annonce particulièrement solennelle dans le cadre du 50e anniversaire de la reconnaissance de la Chine populaire par le général de Gaulle. Il gagnera ensuite vendredi Berlin --premier président chinois à visiter l'Allemagne depuis huit ans-- et Bruxelles le dimanche suivant pour une visite d'État de deux jours.

Xi Jinping enchaînera le 1er avril sur une autre première: la visite d'un président chinois aux institutions européennes de Bruxelles, coeur de l'Union européenne (UE), premier partenaire commercial de la Chine, selon son programme fourni de sources diplomatiques.

Le président chinois, qui a pris ses fonctions il y a un an, met le cap sur l'Europe après avoir inauguré son mandat par une visite en Russie, une tournée en Afrique, une visite aux États-Unis, une tournée en Amérique latine et aux Caraïbes ainsi qu'en Asie centrale.

Si la Chine évite le plus souvent les positions tranchées sur les questions qui ne la touchent pas directement, celle de la Crimée sera difficile à éviter pour Xi Jinping.

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Li Baodong a reconnu que le sujet sera abordé avec M. Obama, tout en soulignant que Pékin réitérera sa position préconisant "calme et retenue".

Cette visite, selon lui, "enverra un message fort à tout le continent européen et au monde entier, à savoir que la Chine valorise le rôle de l'Europe et soutient l'intégration européenne, et que nous somme engagés à approfondir la relation entre la Chine et l'Union européenne".

L'absorption de la Crimée par la Russie a isolé le président Vladimir Poutine, confronté à une levée de boucliers des pays membres du G7, qui devraient discuter à La Haye de son exclusion du G8 en marge du sommet sur le nucléaire.

La crise en Crimée a mis Pékin en porte-à-faux, partagé entre sa défense traditionnelle de l'intégrité territoriale et sa solidarité avec Moscou, perçu comme un allié contre Washington.

Mais "je ne crois pas que la Chine va faire de grandes déclarations" sur l'Ukraine, a déclaré à l'AFP Thomas Koenig, coordonnateur à Londres du programme du Conseil européen sur les relations avec l'Asie et la Chine.

Pour autant, "tôt ou tard, la Chine ne pourra plus se contenter d'être une puissance non intervenante", a-t-il estimé.

En France, Xi Jinping aura des entretiens approfondis avec le président Hollande et prononcera un "important discours" jeudi à Paris avant un dîner en tête-à-tête au château de Versailles avec son homologue, auquel assistera son épouse, la très populaire chanteuse et général de l'armée chinoise Peng Liyuan.

Plusieurs accords commerciaux doivent être signés, notamment dans l'aéronautique, le nucléaire, l'automobile, la santé et l'environnement.

Auparavant, il aura évoqué mercredi à Lyon la formation en France des futurs dirigeants communistes comme Deng Xiaoping ou Chou Enlai.

Le président Xi prononcera également un autre discours jeudi au siège de l'UNESCO.

A Berlin ensuite, il sera reçu par le président Joachim Gauck avant des entretiens avec Mme Merkel.

Après son arrivée samedi à La Haye, le président chinois, accompagné d'une délégation de quelque 250 personnes, dont d'importants hommes d'affaires, sera reçu par le roi Willem-Alexander et le Premier ministre Mark Rutte.

A Bruxelles le weekend suivant, Xi Jinping sera reçu par le roi Philippe et le Premier ministre Elio Di Rupo.

Premier président chinois à visiter en tant que telles les institutions européennes, il rencontrera les lundi et mardi suivants le président du Conseil de l'UE, Herman Van Rompuy, celui de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, et celui du Parlement européen, Martin Schultz.

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