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Débat des chefs: Marois veut se faire rassurante sur l'échéance référendaire

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DBAT DES CHEFS 20 MARS 2014
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Il n'y aura pas de référendum sur la souveraineté tant que les Québécois ne seront pas prêts à la faire, a martelé à répétition la chef péquiste Pauline Marois, cherchant à se faire rassurante, lors du débat télévisé des chefs, jeudi soir.

L'échéancier référendaire aura donc une fois de plus volé la vedette, comme c'est le cas depuis le début de la campagne électorale.

Malgré l'insistance de ses rivaux, au cours des deux heures de débats, Mme Marois ne s'est cependant jamais engagée à ne pas tenir de référendum sur la souveraineté au cours du prochain mandat, si les électeurs lui font de nouveau confiance le 7 avril.

«On ne bousculera pas les Québécois», a promis Mme Marois, tandis que le chef caquiste François Legault revenait à la charge, encore et encore, pour la forcer à dire aux Québécois si «oui ou non» il était possible qu'un prochain mandat donne lieu à un référendum.

La présente campagne vise à élire un gouvernement, pas à se prononcer sur le statut du Québec, a réaffirmé Mme Marois, en répétant qu'il n'y aurait pas de consultation «tant que les Québécois ne seront pas prêts» et «tant que les Québécois n'en voudront pas».

Les derniers sondages indiquaient une baisse de l'appui au Parti québécois et révélaient qu'une majorité d'électeurs ne voulaient pas devoir se prononcer lors d'un référendum sur la souveraineté dans les années qui viennent.

«Calmons-nous un petit peu!», a-t-elle lancé à ses opposants, dont le chef libéral, Philippe Couillard, sceptique, convaincu que la chef péquiste en tiendra un, de toute façon, si elle est réélue. «Tout le monde le sait», a-t-il dit.

Le ton était donné dès la départ. Tant M. Couillard que Mme Marois ont parlé de référendum dans leur déclaration d'ouverture.

La chef péquiste a cherché à démontrer qu'elle avait d'autres priorités, si elle forme le prochain gouvernement: la création d'emplois et l'adoption de la charte de la laïcité. Très combative, elle s'est appliquée à faire la démonstration que Philippe Couillard ou Jean Charest à la tête du Parti libéral, c'était du pareil au même.

Le chef caquiste François Legault a estimé que le chef libéral et la chef péquiste étaient tous deux déconnectés de la réalité des Québécois, tandis que la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a parlé de justice sociale en rappelant l'importance de maintenir les programmes sociaux et de miser sur l'économie sociale.

Durant la soirée, les quatre chefs ont été appelés à débattre autour de quatre thèmes: la situation économique et la création d'emplois, le filet de sécurité sociale, la gouvernance de l'État, qui inclut les questions d'intégrité, et enfin l'identité nationale, l'enjeu entre tous qui aura été au coeur de la première partie de la campagne électorale et au coeur du débat des chefs.

Le programme de la soirée prévoyait diverses combinaisons de face-à-face entre les chefs, 16 au total, dont deux entre Pauline Marois et Philippe Couillard, le premier portant sur les enjeux économiques, notamment l'exploration pétrolière, et le second sur la question nationale.

Trois chefs (Mmes Marois et David et M. Legault) avaient déjà eu l'occasion de croiser le fer lors du débat de l'élection de 2012. Pour M. Couillard, par contre, qui a paru plus en retrait, il s'agissait d'une première expérience.

Sur les questions d'intégrité, M. Couillard a semblé sur la défensive, en affirmant qu'il n'avait de «liens avec personne», lorsque son association d'affaires passée avec le docteur Arthur Porter, accusé notamment de fraude dans le dossier du Centre universitaire de santé McGill, a été évoquée.

À quelques reprises, Mme Marois s'en est pris directement à son rival libéral, en lui disant, d'un ton sans réplique, de ne pas remettre en doute son jugement ou en estimant que les propos qu'il avait tenus dans les derniers jours (quand il a dit qu'elle allait «y goûter» durant le débat) n'étaient pas à son honneur.

La charte de la laïcité a donné lieu à quelques échanges. M. Couillard a demandé à sa rivale péquiste combien de femmes allaient perdre leur emploi à cause de cette charte. Du tac au tac, Mme Marois a répliqué que la seule femme ayant perdu son emploi était l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin, chassée du caucus libéral en raison de ses divergences avec son chef sur cet enjeu.

Sur le plan des finances publiques, Mme Marois a jugé que le cadre financier de la CAQ et surtout du PLQ ne tenaient «pas la route». Selon elle, si le PLQ est élu, c'est une «décote immédiate» qui attend le Québec.

Sur la question nationale, Françoise David s'est permis de dire à M. Couillard que cet enjeu était «une vraie affaire», une référence au slogan libéral.

Le débat de deux heures, diffusé sur les ondes de Radio-Canada et Télé-Québec, était animé par les journalistes Anne-Marie Dussault et Sébastien Bovet.

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