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NCAA - La "bracketologie", douce folie qui saisit les Etats-Unis en mars

20/03/2014 07:23 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

C'est l'un des rituels du mois de mars auquel personne n'échappe ou presque aux Etats-Unis, pas même Barack Obama: tenter de prévoir les résultats du Championnat universitaire de basket-ball (NCAA), un exploit qui rapportera au "bracketologist" avisé un milliard de dollars!

La "March madness" (littéralement "la folie de mars") le surnom du tournoi final NCAA qui débute jeudi, ne se limite pas aux joueurs et entraîneurs des universités américaines qui rêvent de NBA.

Elle saisirait 50 millions d'Américains qui, au travail, entre amis, en famille, à l'école et même à la Maison Blanche, remplissent fébrilement leurs grilles de pronostics.

Le défi est de taille: il faut trouver les vainqueurs des 63 matches du tableau final ("bracket" en anglais) d'un championnat aussi spectaculaire et populaire que la NBA.

Personne n'y est jamais parvenu malgré diverses martingales mises au point par les plus grands experts en basket-ball et mathématiciens les plus réputés du pays.

Cette année,l'homme d'affaires Warren Buffett a même promis un gros lot sans précédent: un milliard de dollars (724 millions d'euros).

Avec une fortune estimée à 53 milliards de dollars, le très respecté et avisé Buffett, surnommé "l'oracle d'Omaha", sa ville natale dans le Nebraska, n'a pas pris beaucoup de risques.

- Un chance sur 9,2 trillions -

Il existe en effet une chance sur 9,2 trillions (soit 9.200.000.000.000.000.000) pour que surgisse enfin "l'oracle de la NCAA"...

"Mais cela peut se faire. Peu m'importe d'ailleurs pour moi si quelqu'un y arrive. Si quelqu'un gagne, je peux vous assurer qu'on remettra cela l'an prochain", a assuré le milliardaire de 83 ans, ravi de l'énorme publicité générée pour l'une de ses nombreuses entreprises, une société d'assurances qui a officiellement promis le milliard de dollars.

Et attention, comme si ce n'était pas assez compliqué, chaque parieur ne peut soumettre qu'une seule grille.

"C'est impossible. Warren Buffett ne serait pas devenu Warren Buffett s'il mettait en jeu un milliard de dollars en sachant qu'il va les perdre", a prévenu Joe Lunardi, le spécialiste en "bracketologie" du groupe audiovisuel ESPN, qui recueille chaque année plus de huit millions de grilles.

Lunardi sait de quoi il parle: il a inventé le concept de "bracketologie" dans les années 1980 et enseigne la "discipline" à l'université de Saint-Joseph. Mais il ne s'est jamais approché de la grille parfaite: "Je suis extrêmement pessimiste et on me rappelle souvent que j'ai déjà été battu par un épagneul breton, ce dont je suis sacrément fier", a-t-il confié.

- Productivité ou loyauté? -

En 1998, Lunardi avait en effet rempli une grille au nom de son chien en se fiant aux mascottes des équipes universitaires, choisissant par exemple les chiens évitant les chats.

Même Barack Obama, grand amateur de basket-ball, a tenté sa chance devant les caméras d'ESPN. Le président américain voit Michigan State remporter le titre le 7 avril en battant en finale Louisville, le champion 2013.

"Je n'ai pas fait dans l'originalité", a-t-il concédé.

L'an dernier, Obama avait prédit que Louisville disputerait la finale mais que l'université du Kentucky perdrait contre Indiana, éliminée en fait avant même le Final Four. Il avait terminé à la 2.080.996e place sur 8,15 millions de grilles enregistrées par ESPN.

Cette fièvre des pronostics ne fait pas que des heureux: selon un cabinet spécialisé, Challenger, Gray & Christmas, les entreprises américaines vont perdre 1,2 milliard de dollars par heure passée par leurs employés à discuter de basket et à remplir les fameuses grilles.

"C'est un chiffre qui fait peur, reconnaît le cabinet qui déconseille toutefois toute mesure visant à contrer la "March madness": "Cela pourrait aider la productivité à court terme, mais à long terme, cela pèserait sur le moral, la loyauté et l'engagement des salariés".

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