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Le Musée des beaux-arts de Montréal devient payant

20/03/2014 10:03 EDT | Actualisé 21/03/2014 10:27 EDT
Courtoisie MBAM

À partir du 1er avril prochain, la collection permanente du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) sera payante. Une première pour l’institution qui espère ainsi augmenter ses finances pour répondre à plusieurs nouveaux défis.

«Cette décision n’a pas été facile à prendre, a expliqué mercredi devant les journalistes Danielle Champagne, directrice de la fondation du musée. Mais plusieurs projets d’envergure nous obligent à revoir les tarifs.»

Dernier grand musée canadien à offrir gratuitement sa collection permanente au public, le MBAM a décidé de tarifer la visite pour les plus de 31 ans qui devront donc débourser 12 dollars le billet. «Tous les premiers dimanches du mois, l’entrée sera gratuite. Il en sera de même durant la semaine de relâche et les jours fériés», a précisé Mme Champagne.

La directrice rappelle que plusieurs clientèles ne verront aucun changement lors de leur visite au musée.

«Les mesures ne touchent pas les moins de 31 ans, les étudiants, les personnes venant de milieux défavorisés. Ça vise en particulier les touristes. Comme ils représentent 25 % de nos visiteurs, c’est une manière d’aller chercher davantage d’argent pour assurer la croissance du musée», a-t-elle expliqué, tout en concédant de pas pouvoir chiffrer exactement le montant de la nouvelle manne.

En tant qu’organisme à but non lucratif, le MBAM doit s’autofinancer à hauteur de 50 % pour ses frais de fonctionnement et à 100 % pour l’acquisition de nouvelles œuvres. «Sans compter les subventions gouvernementales, on tire notre principale source de revenus des grandes expositions, du mécénat, de la boutique et de nos membres. Néanmoins, ce n’est plus suffisant», a-t-elle ajouté.

L’éducation : une priorité

Malgré les besoins, le musée enregistre des records d’affluence. En 2013, l’établissement de la rue Sherbrooke a accueilli plus d’un million de personnes, du jamais vu en 153 ans d’existence. À ce titre, les espaces éducatifs qui proposent diverses activités pour les plus jeunes et les parents ont le vent en poupe, en particulier les Studios Art Éducation Michel de la Chenelière inaugurés en 2012. Avec 200 000 visiteurs par an, le MBAM a maintenant de la difficulté à répondre à la demande.

«Les chiffres ont dépassé nos prévisions. On ne s’y attendait pas. On se retrouve vite limités par la superficie», a affirmé Jean-Luc Murray, directeur du département de l’éducation et de l’action culturelle.

C’est pourquoi les prochains investissements seront principalement destinés dans les programmes éducatifs dont l’espace devrait tripler d’ici 2017 grâce à l’ouverture d’un cinquième pavillon. «On va y ajouter un étage entier et aménager un débarcadère pour faciliter l’arrivée des autobus scolaires», a assuré M. Murray.

Et ce n’est pas tout. Le musée compte mettre en place une quarantaine de projets-pilotes qui concerneront les élèves du secondaire et des cégeps en proposant aux enseignants ses ressources et son expertise.

«Il faut savoir que pour 90 % des gens, le premier contact avec un musée se fait dans le cadre d’une sortie scolaire. Par conséquent, il est très important d’en faire une expérience positive», a-t-il conclu.

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