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La Turquie bloque l'accès à Twitter

20/03/2014 10:25 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

Les autorités turques ont confirmé vendredi avoir bloqué l'accès à Twitter, mis en cause quelques heures plus tôt par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en justifiant leur initiative par des décisions de justice.

L'office de régulation des télécommunications, TIB, précise sur son site Internet avoir auparavant demandé sans succès à Twitter de retirer certains contenus à la suite de plaintes d'utilisateurs du site de microblogage sur le respect de la vie privée.

« Parce qu'il n'y avait pas d'autre choix, l'accès à Twitter a été bloqué conformément à des décisions de justice visant à protéger les citoyens », dit le communiqué.

Les autorités turques n'ont pas l'intention de bloquer l'accès à d'autres réseaux sociaux, comme Facebook, a indiqué à Reuters un responsable turc.

« L'initiative de bloquer l'accès (à Twitter) a été prise dans le cadre d'une décision de justice faute d'avoir pu résoudre le problème avec la direction de Twitter. Pour le moment, il n'y a pas de décisions de ce genre pour d'autres réseaux sociaux comme Facebook », a-t-il déclaré.

Des utilisateurs de Twitter en Turquie avaient commencé à faire état, jeudi soir, de l'impossibilité d'accéder au site de microblogage. Ils sont déroutés vers un communiqué émanant apparemment du TIB citant quatre décisions de justice motivant un blocage de l'accès à Twitter.

La Turquie a restreint l'accès à Twitter, quelques heures après que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan eut menacé d'interdire le réseau social, où des enregistrements d'écoutes téléphoniques ont été dévoilés.

Dans l'un des enregistrements divulgués sur le réseau social, M. Erdogan donne prétendument comme instruction à son fils de se débarrasser de grosses sommes d'argent liquide.

L'appel aurait eu lieu quelques heures après l'arrestation, le 17 décembre, de dizaines de proches du régime soupçonnés de corruption. Ces allégations ont poussé l'opposition à réclamer la démission de M. Erdogan.

Le premier ministre affirme que ces enregistrements ont été fabriqués de toutes pièces en vue de discréditer le gouvernement avant les élections du 30 mars.

Jeudi, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion de campagne en vue des élections municipales du 30 mars, s'en est pris vivement au site, auquel il reproche d'alimenter la contestation.

« La communauté internationale peut dire ceci ou cela, je m'en moque totalement. Tout le monde verra à quel point la République de Turquie est puissante », a poursuivi le chef du gouvernement.

Dans un communiqué diffusé par la suite, les services du premier ministre ont souligné qu'Erdogan faisait allusion aux décisions de justice enjoignant à Twitter de retirer certains liens disponibles en ligne.

« Si les responsables de Twitter continuent de ne pas appliquer des injonctions judiciaires et l'état de droit, nous n'aurons d'autres choix que d'empêcher l'accès à Twitter », insistait le communiqué.

Twitter n'a pas diffusé de réaction officielle, mais dans un tweet à l'adresse de ses utilisateurs turcs, la société californienne indique comment continuer à publier par SMS.

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