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La France renvoie à octobre la décision d'une éventuelle suspension de la vente de Mistral à la Russie

20/03/2014 05:56 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

L'éventuelle suspension de la vente par la France à la Russie de deux navires de guerre Mistral, une menace brandie cette semaine par Paris sur fond de crise ukrainienne, sera décidée en octobre au moment de la livraison, a affirmé jeudi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

"La livraison du premier bâtiment a lieu au mois d'octobre, donc la question de la suspension se posera au mois d'octobre", a souligné M. Le Drian sur RMC et BFMTV. "A condition que ce soit dans un ensemble de mesures" qui pourraient être prises notamment au niveau européen, a ajouté le ministre.

Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait affirmé que la France pourrait "envisager d'annuler ces ventes "si Poutine continue ce qu'il fait" en Ukraine. Une annonce qui avait suscité l'inquiétude des salariés des chantiers navals français de Saint-Nazaire (ouest) qui avaient mis en garde contre les "conséquences" pour l'emploi d'une annulation de contrat.

"Laurent Fabius a bien fait d'agiter cette menace", a néanmoins assuré le ministre de la Défense.

Mercredi, l'Allemagne a de son côté suspendu un vaste projet d'équipements conclu entre le groupe de défense Rheinmetall et la Russie, jugeant "indéfendable" le commerce d'armes avec Moscou "dans la situation actuelle".

M. Le Drian a précisé que les deux navires Mistral commandés "sont des bateaux qui ne sont pas armés", "qui seront des bateaux militaires quand ils arriveront en Russie", ajoutant qu'une partie de leurs coques a été fabriquée en Russie.

Les bâtiments de type Mistral sont des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères et des chars. La vente à la Russie de deux de ces bâtiments de projection et de commandement (BPC) a été conclue en juin 2011 pour un montant évalué à environ 1,2 milliard d'euros.

Qualifiant la situation en Crimée d'"inacceptable", M. Le Drian a estimé que l'heure est aujourd'hui "à la diplomatie ferme pour éviter toute escalade". "L'hypothèse d'une intervention militaire me paraît exclue à ce jour parce que je fais confiance à la diplomatie qui est en oeuvre", a-t-il ajouté.

M. Le Drian a par ailleurs indiqué qu'il rencontrera vendredi "à la demande du président de la République" les ministres de la Défense de Pologne et des Etats baltes "pour leur dire notre solidarité active et voir avec eux comment on peut accompagner leurs efforts de sécurité".

Il a enfin jugé "vraisemblable" l'annulation du sommet Russie-Union européenne qui doit se tenir en juin à Sotchi, en Russie.

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